D'importants débordements ont eu lieu vendredi soir à Berne et à Bâle à l'issue des deux rencontres de Super League, Xamax-Young Boys et FC Bâle- FC Zurich. Autour du Stade de Suisse à Berne, les forces de l'ordre ont été contraintes de recourir à des gaz irritants et à des balles en caoutchouc. Un policier a été blessé et hospitalisé et un car de supporters neuchâtelois a été endommagé.

Au stade Saint-Jacques, les affrontements ont été encore plus violents avec, au final, 45 blessés légers dont trois ont dû être hospitalisés. Les supporters zurichois ont allumé de nombreuses torches introduites illégalement dans les gradins et les ont projetées en direction des supporters bâlois.

Contrôles biométriques

Ancillo Canepa, le président du FC Zurich, s'est dit très affecté de ce qui s'est passé et reconnaît que ce comportement d'une frange infime des supporters leur cause d'énormes soucis: «Nous planchons sur ce problème depuis des mois.» Le conseil d'administration du club a prévenu qu'il ferait tout pour que les responsables de ces actes répondent devant la justice et a prévu d'annoncer des mesures supplémentaires dans les prochains jours.

Peter Landolt, président de la commission de sécurité de la Swiss Football League et, par ailleurs, manager du stade du Letzigrund, exige une répression renforcée de la part de la justice. «Lorsqu'une torche est allumée dans un stade, c'est un acte qui mérite la prison», affirme-t-il dans la SonntagsZeitung.

Sur le plateau de la TSR, Edmond Isoz, directeur de la Swiss Football League, s'est dit lui aussi «très triste»: «Nous avons fait beaucoup d'efforts pour tenter d'endiguer ce problème et on se rend compte qu'une faible minorité d'individus, deux pour mille, provoquent des incidents que l'on ne parvient pas à gérer et qui dépassent les compétences d'une organisation sportive.»

Outre une répression accrue, des contrôles d'identification biométrique dans les stades sont prévus pour la saison prochaine. Le but étant de repérer les supporters violents interdits de stade ou de périmètre. Les villes et stades concernés par l'essai-pilote n'ont pas été dévoilés.

A cinq semaines du coup d'envoi de l'Euro 2008, ces débordements ont de quoi préoccuper. Même si dirigeants du football suisse et organisateurs du tournoi se veulent rassurants. «Nous avons, pour l'Euro, un autre dispositif de sécurité. Nous sommes bien préparés, insiste Ralph Zloczower, le président de l'Association suisse de football (ASF). De plus, pendant l'Euro, l'alcool sera interdit dans les stades. Et les supporters des équipes nationales sont plus pacifistes.»

Klaus Mannhart, porte-parole du Département bâlois de la sécurité, également cité dans la presse alémanique, ne dit pas autre chose: «Le public qui viendra voir les matches de l'Euro 2008 aura payé son billet très cher et ne sera pas tenté par la bagarre.»

Des propos toutefois nuancés par Christian Kern, le patron de la société qui exploite le stade de Bâle: «100% de sécurité n'existe pas, même à l'Euro.»