Ils étaient près de cinq millions de téléspectateurs lorsque Hugo Gaston tomba, la raquette à la main et l’amorti en bandoulière, après avoir joué au chat et à la souris pendant cinq sets avec Dominic Thiem. L’Autrichien avait été le plus fort, le Français avait été le plus audacieux; tout le monde était content.

Pour Hugo Gaston, révélation française de ce Roland-Garros automnal, le plus dur commence. Le Toulousain (20 ans) devra confirmer, c’est le lot de tous les jeunes joueurs qui réussissent une «perf», mais il devra également supporter un fardeau typiquement français: survivre à la formidable attente qui désormais le précédera partout. En une de L’Equipe samedi après sa victoire sur Stan Wawrinka, il eut droit hier dans le quotidien sportif à l’éloge de Mats Wilander, et sur le site internet à un sondage formulé ainsi: «Hugo Gaston a-t-il le potentiel pour intégrer prochainement le top 10 du tennis mondial?»