Les candidatures sont closes depuis minuit pour l’élection à la présidence de la FIFA et huit prétendants sont officiellement en course, dont deux poids lourds: le cheikh Salman et Gianni Infantino, le secrétaire général de l’UEFA. Cette dernière a décidé de lancer son No 2 au dernier moment, dans un mouvement qui fait penser à une manière de lâcher son président Michel Platini.

Plus aucun dossier n’est recevable. Sauf candidature déposée sans aucune communication publique, le successeur du président démissionnaire Joseph Blatter se trouve parmi ces huit hommes: le Suisse Gianni Infantino et le cheikh bahreini Salman – qui semblent désormais les deux favoris –, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le prince jordanien Ali, le Français Jérôme Champagne, le Libérien Musa Bility, le Trinitéen David Nakhid et Michel Platini, toujours suspendu par la FIFA, désormais isolé.

La postulation surprise de Gianni Infantino

Avec l’annonce surprise lundi de la candidature de Gianni Infantino, son secrétaire général, l’Europe du football a fini par sortir son plan B pour l’élection du 26 février, quelques heures seulement avant l’échéance. C’est une mauvaise nouvelle pour Michel Platini, le patron de l’instance européenne. En actionnant une candidature alternative, l’UEFA a clairement signifié le peu de crédit qu’elle accorde désormais aux chances de l’ex-capitaine de l’équipe de France de mener la bataille jusqu’au bout.

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Michel Platini pensait avoir un boulevard pour accéder à la fonction suprême, mais sa mise à l’écart à titre conservatoire par la commission d’éthique de la FIFA en raison d’un versement controversé de 1,8 million d’euros de la part de Joseph Blatter en 2011, a changé la donne.

Preuve de son isolement, le communiqué de soutien du Comité exécutif de l’UEFA à Gianni Infantino et celui publié sous son nom propre par le secrétaire général de l’instance européenne ne mentionnent même pas le nom du Français.

«Je confirme que, suite à la décision du Comité exécutif de l’UEFA, j’ai soumis aujourd’hui ma candidature à la présidence de la Fifa, en y joignant les déclarations de soutien requises», a écrit le secrétaire général de l’UEFA. Son programme «sera axé sur la nécessité d’une réforme et d’une Fifa qui serve véritablement les intérêts des 209 associations nationales membres».

Autre candidature de poids, le cheikh Salman

Le Français avait vu de toute façon ses plans voler totalement en éclats lundi matin avec l’entrée en lice d’un poids lourd, le cheikh Salman ben Ibrahim Al-Khalifa, membre de la famille royale du Bahrein et tout-puissant patron du continent asiatique (AFC), qui s’était initialement rangé derrière lui.

La sanction de Platini a visiblement ouvert une énorme brèche pour l’élection présidentielle: le nombre de huit candidats est inhabituellement élevé pour un scrutin dans lequel le président sortant Joseph Blatter avait d’ordinaire peu d’adversaires.

Tokyo Sexwale, l’image d’intégrité

Outre Gianni Infantino et le cheikh Salman, Tokyo Sexwale, ancien compagnon de prison de Nelson Mandela, semble aussi avoir des atouts, surtout hors du monde du football. Le Sud-Africain, auréolé de son combat anti-apartheid, jouit d’une réelle image d’intégrité, ce qui n’est pas rien pour une instance minée par les affaires de corruption.

Quatre autres compétiteurs sans grand espoir

Les autres postulants, le prince Ali, Jérôme Champagne (ex-secrétaire général adjoint de la FIFA), David Nakhid (ex-capitaine de la sélection de Trinité-et-Tobago) et Musa Bility (président de la Fédération libérienne) ne pèsent pas assez politiquement dans la planète football pour espérer grand-chose.