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Ilkay Gündogan connaît parfaitement Guardiola et Klopp.
© Tom Flathers/Man City via Getty Images

Football

Ilkay Gündogan: «Klopp est plus dans l’émotion que Guardiola»

Liverpool-Manchester City en quarts de finale de la Ligue des champions, c’est aussi Jürgen Klopp contre Pep Guardiola, deux entraîneurs charismatiques. Le milieu de terrain allemand Ilkay Gündogan a grandi avec le premier à Dortmund et s’épanouit avec le second à City. Interview

Enfin titulaire à Manchester City après une grave blessure au genou en décembre 2016, Ilkay Gündogan est l’un des chouchous de Pep Guardiola chez les Citizens. A l’heure du duel 100% anglais contre Liverpool en quarts de finale de la Ligue des champions (ce mercredi à 20h45), le milieu de terrain international allemand s’est longuement confié au Temps pour évoquer ce choc où il retrouvera Jürgen Klopp, qui l’avait fait grandir au Borussia Dortmund.

Le Temps: Quelle a été votre réaction lorsque le tirage au sort a désigné Liverpool comme adversaire de Manchester City en quarts de finale de la Ligue des champions?

Ilkay Gündogan: J’ai regretté que ces deux clubs s’affrontent si tôt dans la compétition. J’aurais préféré en demi-finale ou en finale. Au moins nous avons la garantie que la Premier League sera représentée dans le dernier carré, ce qui n’avait pas été le cas la saison passée. Et puis, Liverpool est la seule équipe à nous avoir battu cette saison en championnat [4-3]. Mais nous savons pour quelles raisons nous avons concédé cette défaite et quelles erreurs nous avons commises.

Cela signifie-t-il que City aura un certain esprit de revanche?

Absolument. Il est évident que notre coach [Pep Guardiola] va minutieusement préparer ce choc et que nous allons entrer dans cette rencontre pied au plancher. Cette fois-ci, nous comptons être plus rigoureux sur le plan défensif et justifier les attentes autour de nous. Car j’ai entendu dire que nous faisons partie des principaux favoris…

Ce match, c’est aussi Pep Guardiola contre Jürgen Klopp, que vous avez bien connu à Dortmund. Quelles différences entre ces deux entraîneurs?

Ils ont en commun beaucoup de tempérament et d’ambition. Ce sont des mordus de foot. Leur gestion humaine au quotidien dans le vestiaire est grandiose. En tant qu’entraîneur, je dirais que «Kloppo» est encore un peu plus dans l’émotion que Pep. Guardiola est un peu plus recroquevillé sur lui-même, il analyse avec encore plus de détails le prochain adversaire ou le jeu de son équipe. Il parle un peu moins mais lorsqu’il a quelque chose à dire, il le fait aussitôt. Pour lui, il est souvent question de nuances, qui sont précieuses.

Tactiquement, qu’est-ce qui les distingue?

Ils sont très différents. La possession du ballon constitue la base de la philosophie de jeu de Pep, alors que «Kloppo» met l’accent sur le pressing et la rapide projection vers l’avant à la récupération du ballon. Au BVB, il y avait beaucoup d’engagement et de vitesse. Cette semaine et la semaine prochaine, nous allons assister à des matches entre ces deux footballs.

Avez-vous encore des contacts avec Klopp?

Oui, nous sommes restés en excellents termes. Nous nous envoyons régulièrement des textos, comme lors du tirage au sort. Il n’a pas changé. Il aime toujours autant son métier et son humour est toujours aussi décapant. Il est plein de générosité et de sympathie. Il a su rester authentique. C’est une personnalité hors du commun.

Est-il vrai que vous vouliez travailler depuis longtemps avec Pep Guardiola?

Bien sûr. J’ai été un grand fan du Barça de Guardiola avec son jeu extraordinaire. Et lorsque avec Dortmund, j’affrontais son Bayern en Bundesliga, j’avais à chaque fois le sentiment qu’il savait comment nous allions évoluer. Il ne laisse jamais rien au hasard. Il prévoit tout et il a une solution à n’importe quel problème. C’est ce qui me fascine le plus chez lui. Affronter ses équipes a toujours été compliqué. C’est pourquoi je suis très heureux de l’avoir aujourd’hui comme entraîneur.

Quelle serait votre finale de rêve le 28 mai à Kiev?

Lorsque je vois le plateau des quarts de finale, c’est particulièrement alléchant. Contre le Real, le Barça ou le Bayern, ce ne serait pas mal, non? Si ces trois clubs et Manchester City se hissent en demi-finales, nous aurons deux affiches exceptionnelles.

Comment expliquez-vous ce parcours quasi parfait en championnat cette saison?

Nous disposons d’un groupe extraordinaire. S’entraîner chaque jour avec de tels joueurs est un régal. Lorsque nous parvenons à assimiler les consignes du coach, c’est quasiment impossible de nous battre. La manière dont nous avons dominé Chelsea [1-0] à domicile en championnat avec presque un millier de passes et notre deuxième mi-temps à Naples [4-2] en phase de poules étaient proches de la perfection. Nous ne sommes pas encore au niveau du Real Madrid, du FC Barcelone et du Bayern Munich, mais nous sommes sur la bonne voie.

Manchester City va être sacré champion dans quelques jours. Quelle saveur aura ce titre?

Ce sera magnifique, car nous avons dominé ce championnat du début à la fin. Ce titre ne souffre d’aucune contestation. Non seulement nos résultats ont été incroyables, mais nous y avons ajouté la manière. Mais mon appétit est loin d’être rassasié. J’espère que d’autres trophées s’enchaîneront bientôt et défendre un titre est bien plus difficile que de le remporter une première fois.

Dans un vestiaire composé d’autant de stars et de nationalités différentes, comment est l’ambiance?

Elle est très bonne. Il y a une hiérarchie clairement définie et chaque poste est doublé, voire triplé. La grande force de cette équipe, c’est de pouvoir modifier la moitié du onze de départ d’un match à l’autre sans que la qualité n’en pâtisse.

Concrètement, à quoi ressemble cette hiérarchie dans le vestiaire de City?

Il y a les tauliers tels que Kun Agüero, Vincent Kompany, David Silva ou Yaya Touré, qui ne joue certes pas souvent mais qui sait fédérer le vestiaire. Ensuite, les plus jeunes prennent de plus en plus d’importance, à l’image de Gabriel Jesus, Leroy Sané et Kevin De Bruyne, qui est étincelant cette saison. Là où il m’impressionne le plus, c’est dans son jeu sans ballon: sa façon de mettre la pression sur l’adversaire, l’intelligence de ses déplacements et de ses anticipations. C’est un joueur qui respire le foot. Sané exploite de mieux en mieux son potentiel et Jesus a toutes les qualités pour devenir l’un des meilleurs joueurs du monde.

L’Angleterre comptait cinq clubs en huitièmes de finale et un seul ira dans le dernier carré. A vos yeux, le championnat espagnol, qui compte encore trois représentants en quarts de finale, est-il toujours au-dessus du lot?

Depuis quelques années, les clubs anglais éprouvent des difficultés à aller loin en Ligue des champions, alors que pour le Real, le Barça et le Bayern, se retrouver en demi-finale est une évidence. Beaucoup de gens ont cru que le Paris Saint-Germain allait éliminer le Real Madrid en huitièmes de finale, mais lorsqu’il se retrouve dos au mur, le Real répond toujours présent. Ce vécu manque encore aux clubs de Premier League comme au PSG.


Profil

1990 Naissance à Gelsenkirchen de parents turcs.

2009 Débuts en Bundesliga avec le FC Nuremberg.

2011 Première sélection en équipe d’Allemagne.

2012 Champion d’Allemagne avec le Borussia Dortmund.

2013 Finaliste de la Ligue des Champions.

2014 Blessé au dos. Manque la Coupe du monde.

2016 Blessé au genou. Manque l’Euro. Transféré à Manchester City. Rupture des ligaments croisés en décembre.

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© JOHN MACDOUGALL