La Formule 1 n'est pas à un paradoxe près. Dans ce monde de technologie avancée, certains de ces acteurs décident parfois de mettre le pied sur le frein pour ralentir cette débauche de savoir-faire et cette utilisation sans retenue de matière grise. C'est justement de freins dont il est question depuis le début de la saison, il y a trois semaines en Australie. Précisément ceux des McLaren que certains des adversaires de l'écurie britannique jugent illégaux puisque assimilés à des aides au pilotage que l'esprit du règlement technique de la F1 interdit. Pour résumer, le «système» controversé McLaren permettrait à ces pilotes, Mika Hakkinen et David Coulthard, via une deuxième pédale de freins et des boutons installés au volant, d'actionner les seuls freins arrière afin de limiter ou supprimer un éventuel patinage des roues arrière à la remise des gaz, offrant ainsi une plus grande motricité, donc un meilleur équilibre et un plus fort pouvoir d'accélération.

Chez Ferrari, on considère ce principe de fonctionnement comme une aide au pilotage qui se rapproche d'un anti-patinage. Même si Ferrari possède dans ses cartons un tel système, l'écurie considère que le règlement technique actuel de la F1 n'en permet pas l'utilisation. C'est pour faire entendre son point de vue que la Scuderia a donc porté réclamation, imitée par quatre autres écuries (Minardi, Sauber, Tyrrell et Arrows) jeudi soir, contre les équipes McLaren, Williams et Jordan. En attendant que les commissaires techniques du Grand Prix du Brésil examinent plus attentivement cette requête et contrôlent les différents systèmes incriminés, les trois écuries visées ont dû «débrancher» leurs freins miracles lors de la première journée d'essais libres de ce deuxième Grand Prix de la saison.

Une décision des commissaires sportifs concernant la possibilité de les utiliser ou non en qualification et en course devait être prise hier, tard dans la soirée. En attendant, toutes ces controverses n'ont pas empêché les deux McLaren de survoler la première journée d'essai, loin devant la Ferrari de Michael Schumacher.

L. F.