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Angelique Kerber est la première Allemande à remporter Wimbledon depuis Steffi Graf en 1996.

Wimbledon

Indomptable Angelique Kerber

Eclipsée samedi par la fin du match Djokovic-Nadal, la finale dames a été décevante sur la forme (6-3 6-3 en 65 minutes), mais prometteuse sur le fond. La victoire d’Angelique Kerber comme le retour de Serena Williams sont de bonnes nouvelles pour le tennis féminin

Eclipsée par les deux monuments que furent les demi-finales messieurs (11h50 de jeu au total), la finale du simple dames de Wimbledon a accouché d’un sourire. Celui, radieux, de l’Allemande Angelique Kerber, victorieuse de l’Américaine Serena Williams 6-3 6-3. Décalé de deux heures en raison de la fin de Nadal-Djokovic, le match a surpris par son absence de suspense: 1h05 de jeu.

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Il en fallait plus pour ternir le bonheur d’Angelique Kerber, très émue au moment de voir son nom être gravé sur le trophée. Ex-numéro un mondiale (en mai 2017), elle a commencé la saison au 22e rang du classement WTA et ne cesse de rattraper le temps perdu depuis. «On ne peut pas décrire ce moment. Quand j’étais enfant je rêvais de ce moment-là, de gagner Wimbledon», déclara la joueuse originaire de Brême, qui rejoint au palmarès Steffi Graf.

Serena sur la bonne voie

Aucune Allemande n’avait remporté Wimbledon depuis 1996. Angelique Kerber avait déjà gagné deux autres titres du Grand Chelem: l’Open d’Australie et l’US Open, tous deux en 2016. Cette année-là, elle était également parvenue en finale de Wimbledon, mais elle y avait été battue par… Serena Williams.

Invaincue à Wimbledon depuis 2014, l’Américaine n’est plus la joueuse qu’elle était alors. Ou elle ne l’est pas encore… Absente l’an dernier pour cause de maternité (compliquée par un accouchement difficile et une embolie pulmonaire), la Californienne était retombée au 450e rang mondial lorsqu’elle fit son retour début 2018. Huitième de finaliste à Roland-Garros, elle retrouve progressivement ses extraordinaires capacités physiques. Mais samedi, Angelique Kerber était encore trop forte pour elle.

Une pression constante

Le principal mérite de l’Allemande fut de donner très peu de points gratuits à son adversaire (seulement cinq fautes directes) et de la pousser à en faire en se montrant performante au service (70% de premières balles passées) et agressive en retour. Prise à la gorge, Serena Williams participa quand même à sa chute en commettant 24 fautes directes, presque cinq fois plus que sa rivale. Peinant à bouger suffisamment pour tenir de longs rallyes face à Kerber – réputée pour son endurance physique et sa combativité –, l’Américaine s’efforça d’abréger les échanges. Un pari que son niveau de jeu actuel ne lui permet pas encore de gagner.

«C’est évidemment décevant, mais je n’ai pas le droit d’être déçue», avoua Serena Williams durant la cérémonie protocolaire. Avec 23 titres du Grand Chelem, elle reste donc, au moins jusqu’à l’US Open, à une longueur du record de Margaret Court-Smith (24 titres). «Je suis sûre qu’elle y parviendra bientôt», estime Angelique Kerber. Mais cette année à Wimbledon, Angelique était indomptable.

Les beaux lendemains du tennis féminin

Cette finale dames, décevante sur la forme, est tout de même prometteuse sur le fond. Elle annonce le retour au sommet de deux grandes championnes. Serena Williams est désormais 28e joueuse mondiale (un gain de 150 places) et Angelique Kerber quatrième.

La disparition intégrale du top 10 au soir des huitièmes de finale et du Manic Monday aurait pu faire croire à un nivellement par le bas dans le tennis féminin; c’est tout le contraire qui est en train de se passer. Simona Halep est une magnifique numéro un mondiale qui, phénomène classique, a subi à Wimbledon le contrecoup de sa victoire historique à Roland-Garros (fêtée comme un événement national en Roumanie). A Paris, l’Américaine Sloane Stephens (finaliste) avait également montré qu’elle serait plus que la lauréate surprise de l’US Open.

La vainqueure de Roland-Garros 2017, Jelena Ostapenko, semble également avoir retrouvé des couleurs (demi-finale à Wimbledon). Garbiñe Muguruza reste une valeur sûre, Caroline Garcia une figure montante et Daria Kasatkina a tellement impressionné Angelique Kerber en quart de finale qu’elle l’a présentée comme «la Federer du tennis féminin». Côté suisse, Belinda Bencic a également démontré un très net retour en forme et a fait plus que jeu égal en huitième de finale avec la future championne.

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