L’interdiction d’utiliser du fluor pour farter les skis, annoncée depuis près de trois ans, est encore une fois repoussée, cette fois-ci jusqu’à la saison 2023-2024, a annoncé jeudi la Fédération internationale de ski (FIS).

La nocivité du produit, tant pour la santé que pour l’environnement, avait conduit l’instance à prononcer son interdiction en octobre 2019. Mais alors qu’elle devait entrer en vigueur lors de la saison 2020-2021, la décision a été décalée à l’été 2021, puis à l’été 2022, et désormais à l’été 2023. Il s’agit de «laisser plus de temps pour le perfectionnement de l’outil de détection du fluor», écrit la FIS dans un communiqué.

Développement d’un outil

Les produits fluorés, appliqués sur la semelle des skis, sont utilisés en masse depuis les années 1980 pour gagner en vitesse, majoritairement en ski nordique. Plusieurs études ont fait état de leur danger pour la santé – si on se protège mal en l’appliquant – et l’environnement.

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Problème: la FIS a voulu les bannir avant d’avoir les moyens techniques de faire respecter cette mesure. Voilà près de trois ans qu’elle développe avec une société spécialisée et l’institut de recherche allemand Frauhofer un outil pour réaliser des tests au fluor rapides, fiables et peu coûteux lors des compétitions. Concrètement, il s’agit d’une sorte de pistolet à température. La Fédération internationale de biathlon (IBU), également intéressée, est associée au processus de développement.

La problématique va bien au-delà du ski. Une partie des produits fluorés, ceux qui contiennent de l’acide perfluorooctanoïque (PFOA ou C8), ont récemment été interdits par l’Union européenne.