Football

En Irlande du Nord, la Suisse a fait plus de la moitié du chemin

Un penalty très généreusement accordé permet à la Nati de quitter Belfast avec une victoire courte (0-1) mais importante. Elle devra défendre son avantage dimanche à Bâle pour se qualifier pour la Coupe du monde

Jeudi soir à Belfast, comme souvent, le ciel était bas. Mais pour la première fois depuis longtemps, il est tombé sur la tête de l’Irlande du Nord. Peu avant l’heure de jeu, alors que la Nati s’échinait sans grand succès à forcer le verrou adverse, Hategan Ovidiu a désigné le point de penalty suite à une volée de Xherdan Shaqiri déviée par Corry Evans.

Dans le feu de l’action, les Suisses n’avaient rien réclamé. Après coup, les images télévisées témoignent de l’innocence du défenseur, qui a touché le ballon de l'épaule et non de la main. Mais l’arbitre roumain n’a pas hésité à siffler, à donner un carton jaune au responsable, et la clé de la serrure locale à un Ricardo Rodriguez qui ne s’est pas gêné pour l’ouvrir.

Les hommes de Michael O’Neill voulaient coûte que coûte se prémunir d’encaisser un but sur leur terrain, qui peut faire la différence en cas d’égalité finale. C’est raté. Ils auront la tâche délicate de s’imposer en marquant deux buts dimanche à Bâle, lors du match retour.

La pluie, puis le but

C’est cruel pour l’Irlande du Nord. La frustration aurait été moindre sans cette action litigieuse. Si, par exemple, la frappe de Shaqiri avait directement fait mouche. Ou si Haris Seferovic avait chaussé une pointure de plus et avait dévié dans la cage de Michael McGovern ce ballon qui lui a échappé pour quelques centimètres (54e). Ou si Granit Xhaka avait cadré l’une des deux frappes décochées en début de rencontre (10e, 12e). Car au fond, le but menaçait de tomber, comme la pluie. Les deux se sont fait attendre plus que prévu. Les deux ont fini par arriver.

Une statistique, une seule, repérée par les experts en la matière d’Opta, résume la teneur de la partie avant l’ouverture du score: en première mi-temps, Granit Xhaka a réussi plus de passes dans le camp adverse que l’équipe nord-irlandaise (41 contre 33).

Le travail n’est pas terminé

Il a beaucoup été dit que la Suisse avait profité d’un groupe facile pour livrer sa copie presque parfaite; eh bien l’Irlande du Nord n’a pas, au-delà d’un engagement de tous les instants, montré beaucoup plus de football que la Lettonie ou les Iles Féroé. Jusqu’au but de Ricardo Rodriguez, la Suisse s’est souvent retrouvée à quatre ou cinq joueurs en position d’attaquants, à tout tenter pour marquer. Yann Sommer, de son côté, n’a guère été inquiété.

Après l’ouverture du score, les Nord-Irlandais ont montré un visage un peu plus conquérant, tentant de rattraper leur retard. Ils n’y sont pas parvenus avant la fin des 90 minutes, mais la pression qu’ils ont su subitement imposer rappelle que l’équipe de Suisse aurait tort de considérer que le travail est terminé. Il lui reste un match, dimanche à Bâle, pour valider sa qualification. Elle a fait une grande partie du travail en gagnant à Belfast, sans doute un peu plus de la moitié du chemin. Mais la désillusion d’échouer n’en serait que plus intense si le scénario devait révéler un rebondissement.

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