Directeur technique de la Scuderia Ferrari, le Français Jean Todt est un inconditionnel de son pilote vedette, l'Allemand Michael Schumacher. Et en tout cas pas du coéquipier de ce dernier, l'Irlandais Eddie Irvine. Hier, comme il l'avait déjà fait lors du GP d'Autriche, Jean Todt n'a pas accompagné «Bad Irv'» sur le podium du GP d'Allemagne. Il a désigné l'un de ses sous-fifres pour aller quérir les lauriers revenant au constructeur vainqueur de l'épreuve. Jean Todt n'a pas non plus bondi dans les bras d'Irvine, comme il le fait généralement dans ceux de «Schumi» lorsque ce dernier s'impose. Jean Todt, c'est certain, n'aime pas Irvine.

Est-ce parce que l'Irlandais a une grande gueule? Qu'il réalise, depuis deux courses, les mêmes résultats que «Schumi» pour un salaire de 7,5 millions de francs, contre 37,5 millions à l'Allemand? Est-ce parce qu'il a peur que, suivant la course à la TV, Michael Schumacher prenne ombrage d'éventuelles effusions? Est-ce parce que l'on dit Eddie Irvine partant de chez Ferrari en fin de saison et que si tel devait être le cas, l'Irlandais offrirait à un adversaire de la Scuderia le fameux No 1 qu'elle rêve depuis si longtemps de coller sur l'une de ses monoplaces? Ou enfin parce qu'il craint qu'Irvine, s'il reste, revendique un statut – et un salaire – égal à celui de Schumacher?

Qu'importe, Jean Todt est un ingrat. Car Irvine permet aujourd'hui à Ferrari d'envisager rien moins qu'un doublé pilotes-constructeurs auquel elle n'osait même pas rêver depuis l'accident de «Schumi». Ne serait-ce que pour cela, «le petit Napoléon de la F1» pourrait bien se montrer un peu plus respectueux envers Irvine qui démontre que son statut de No 2 est immérité, même s'il l'accepte.