Aucun athlète alémanique n'ayant obtenu de sélection, trois judokas romands défendront les couleurs de la Suisse lors des Jeux olympiques de Sydney qui commencent le 15 septembre prochain. Au côté du Vaudois Sergei Aschwanden (lire nos éditions du 24 mai dernier) figurent ainsi la Lausannoise Isabelle Schmutz, 29 ans, et le Genevois David Moret, 20 ans. Etudiante en psychologie à l'Uni de Lausanne «lorsque j'en ai le temps», Isabelle Schmutz pratique le judo depuis vingt-trois ans, la compétition depuis dix-neuf ans. Une carrière qu'elle a bâtie, pour l'essentiel, sur les tatamis du Judo-Kwai Lausanne, sous la houlette du Japonais Hiroshi Katanishi à qui, dit-elle, «je dois toute ma technique qui, comme chacun le sait, est primordiale dans le judo de compétition».

Sparring-partners du cru

David Moret, lui, exerce son art depuis quelque quatorze ans du côté de Carouge. «La compétition, explique-t-il, est venue après le plaisir. Nous formions un bon petit groupe et cela m'a donné envie de progresser, d'aller de l'avant. J'ai certes connu, à un moment donné, une petite baisse de motivation, mais mes professeurs ont su me remettre sur la bonne voie.» Isabelle Schmutz et David Moret sont en grande forme au moment de partir défendre les couleurs de la Suisse à Sydney. Leurs maîtres mots: confiance, sérénité, envie de bien faire. «Nous avons beaucoup progressé, expliquent-ils en chœur, même si nous avons conscience que chacun peut encore s'améliorer. Il nous faut continuer avec le même état d'esprit, être prêts, tout donner. Et advienne que pourra.»

Les Jeux de Sydney constitueront une première olympique pour David Moret. «Je n'ai pas encore vraiment pris conscience de ce qui m'attend, explique le Genevois. Mais je prends cela comme une récompense pour les sacrifices que j'ai consentis à mon sport.» Isabelle Schmutz, elle, était déjà du voyage à Atlanta. «Je n'en garde pas un souvenir lumineux puisque je n'ai disputé qu'un combat avant de connaître les affres de l'élimination.» Après l'Australie, la Lausannoise et le Carougeois prendront des chemins appelés à se séparer à moyen terme. David Moret entend encore s'adonner à la compétition de haut niveau, même s'il souhaite d'abord s'amuser avec ses amis à son retour de Sydney. Isabelle Schmutz, elle, ira encore jusqu'aux Mondiaux de 2001, avant de tirer sa révérence.

Mais avant cela, il y a ce grand rendez-vous olympique auquel se sont préparés, cette semaine, à Lausanne, Sergei Aschwanden, David Moret et Isabelle Schmutz, avec la complicité de sparring-partners du cru et sous le regard du coach national Leo Held (lire son interview ci-dessous). C'est là que nous les avons rencontrés. Nous avons demandé à Isabelle Schmutz de nous parler de David Moret et au Genevois de se livrer à l'exercice inverse.