La première demi-finale de l’Euro ravivera peut-être quelques souvenirs douloureux. Elle mettra aux prises, ce mardi à 21h à Londres, les deux formations qui ont fait le malheur de l’équipe de Suisse pendant le tournoi. Il y a d’un côté l’Italie, vainqueur 3-0 de la Nati au premier tour; et puis de l’autre l’Espagne, qui a mis fin aux espoirs de Vladimir Petkovic et ses hommes vendredi à Saint-Pétersbourg, aux tirs au but.

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La Nazionale, c’est quatre victoires en Coupe du monde (1934, 1938, 1982, 2006) et une à l’Euro (1968). La Roja, un Mondial (2010) et trois Championnats d’Europe des nations (1964, 2008, 2012). Deux sélections prestigieuses, de deux grands pays de football, à la presse impitoyable et aux supporters exigeants. Deux équipes aussi qui avaient un passé récent à se faire pardonner au moment d’aborder le tournoi de l’été 2021.

L’Italie avait échoué à se qualifier pour la Coupe du monde 2018, une contre-performance inédite depuis soixante ans qui a été très mal digérée par les tifosi. L’Espagne restait elle sur une série de résultats très décevants dans la foulée de son triplé Euro 2008-Coupe du monde 2010-Euro 2012: échec dès le premier tour à la Coupe du monde 2014 au Brésil, élimination dès les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018 et de l’Euro 2016.

De l’avance sur le programme

Leur présence dans le dernier carré, dont les trois rencontres se dérouleront à Londres, marque un certain renouveau. Il est particulièrement éclatant côté transalpin, avec la véritable révolution opérée par le sélectionneur Roberto Mancini en matière de jeu. Adieu les tactiques ultra-défensives et les contres qui ont encore permis à la Nazionale de décrocher son dernier titre mondial voilà 15 ans: l’ancien attaquant lui a inspiré un horizon tout en verticalité qui séduit bien au-delà des frontières du pays et qui fait le malheur des autres équipes. La «génération dorée» de la Belgique y a peut-être bien perdu ses derniers espoirs de triomphe au stade des quarts de finale (2-1).

Sur les deux équipes:

La Roja, elle, a connu un parcours plus nuancé en matière de contenu. Les nuls contre la Suède et la Pologne ont pu inquiéter avant qu’elle n’inscrive dix buts en deux matchs (5-0 contre la Slovaquie, 5-3 contre la Croatie) puis écarte la Suisse au caractère lors d’une séance de tirs au but. Là encore, le sélectionneur Luis Enrique semble avoir réinsufflé une âme à son équipe, juste à temps pour s’assurer les bonnes grâces du public et d’une presse particulièrement féroce. Au point que certains pensent que le succès sera de retour plus vite que prévu. «Ce projet était pensé pour le Qatar [Mondial 2022], mais on regarde déjà les grandes nations les yeux dans les yeux», s’est félicité Luis Rubiales, le président de la fédération.

Sans fans en voyage

Les deux formations s’affronteront pour la troisième fois lors de phases finales de l’Euro. En 2008, l’Espagne s’était ouvert le chemin vers la plus belle période de son histoire en dominant l’Italie aux tirs au but, puis elle l’avait conclue quatre ans plus tard d’une formidable gifle (4-0). La Nazionale a pris sa revanche en huitièmes de finale de l’édition suivante, en France (2-0). Les retrouvailles s’annoncent spectaculaires, autant qu’incertaines.

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Roberto Mancini n’a qu’un regret: la quasi-impossibilité pour les supporters des deux équipes de voyager pour assister au match. Wembley accueillera quelque 60 000 spectateurs mais les conditions d’entrée au Royaume-Uni sont telles que les Italiens et Espagnols auraient dû arriver au minimum cinq jours plus tôt pour observer la quarantaine requise avant d’être autorisés à aller au stade.

«C’est très injuste qu’on n’ait pas la moitié du stade remplie de fans italiens et l’autre de fans espagnols», a déploré le sélectionneur ce lundi en conférence de presse. Les fédérations espagnole et italienne ont toutes deux exhorté leurs ressortissants vivant au Royaume-Uni et en Irlande, non-soumis aux restrictions, à se rendre au stade.