Dopage

Jacky Delapierre: «Cela devient de la géopolitique...»

L’organisateur du meeting de Lausanne Athletissima, ne cache pas son désarroi face aux révélations sur le recours au dopage massif dans l’athlétisme russe

Jacky Delapierre, organisateur du meeting de Lausanne Athletissima, ne cache pas son désarroi face aux révélations sur le recours au dopage massif dans l’athlétisme russe.

Comment réagissez-vous à ces révélations?

Je suis triste et surpris par l’ampleur du problème. Honnêtement, je ne pensais pas qu’on en serait encore à un dopage organisé comme à l’époque soviétique. Cela montre bien que l’on dépasse largement le cadre du sport, que cela devient de la géopolitique. Je pense d’ailleurs que l’AMA et le CIO vont se concerter et bien réfléchir avant de prononcer des sanctions. Les Russes les accepteront-ils?

La commission d’enquête a avoué s’être entretenue discrètement en septembre en Suisse avec le ministre des Sports russe pour lui expliquer la situation.

Oui, on est dans de la politique.

A votre niveau, comme organisateur de l’un des principaux meetings de la saison, comment pouvez-vous agir?

Il y a 14 athlètes contrôlés lors du meeting. Je ne veux pas savoir qui, je ne m’en mêle pas. A côté de cela, nous procédons à un contrôle après chaque record national, continental ou mondial au niveau juniors ou élite. Cela en fait bien 20 de plus. Et parfois, comme l’an dernier, nous avons des contrôles inopinés. Un contrôleur vient, s’installe dans l’hôtel des athlètes, demande la liste des chambres et va frapper aux portes qui l’intéressent.

La sanction financière est-elle dissuasive?

Par contrat, je peux exiger d’un athlète positif le remboursement des sommes perçues. Tout récemment, j’ai été contacté par une athlète dopée qui tient à rendre l’argent. Mais je ne crois pas que toucher au porte-monnaie suffise.

Vous êtes très proche du nouveau président de l’IAAF, Sebastian Coe. Que peut-il faire?

Il y a quelques mois, j’avais dit que son élection pouvait être une opportunité et une chance pour l’athlétisme. Bien avant ces affaires, il a fait de la lutte contre le dopage une priorité de son programme. Contrairement à la FIFA, l’IAAF a changé de gouvernance dans la sérénité, ce doit être l’occasion d’un nouveau départ.

Et Lamine Diack?

Pour le moment, il bénéficie de la présomption d’innocence. Il y a plusieurs personnes impliquées dans cette affaire, peut-être ne le sont-elles pas toutes au même degré.

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