Le football a bien changé depuis l'époque de Jean-Jacques Tillmann. Dans les années 70 et 80, la finale de la Cup était l'un des rares matchs étrangers, avec les finales des trois coupes européennes, que le public pouvait suivre à la télévision. Pour la seule journée de dimanche, les divers championnats européens proposaient pas moins de sept affiches de rêve, toutes retransmises en direct. Comment banaliser l'exceptionnel… Reste le jeu, les acteurs, 

14h30 : Everton-Liverpool 1-1

Jean-Jacques Tillmann avait commenté une finale de Cup mythique en 1986 entre Liverpool et Everton, remportée 3-1 par les Reds (doublé de Ian Rush). Lors de ce match, Liverpool n'alignait aucun «Scouser» (un habitant de Liverpool), ni même aucun Anglais (4 Ecossais, 3 Irlandais, 1 Danois, 1 Gallois, 1 Australien, 1 Zimbabwéen). C'était une première dans un derby de la Mersey. La seconde, 29 ans plus tard, a eu lieu dimanche à Goodison Park. Sans Carragher ni Gerrard (63 derbies à eux deux, dont seulement 5 perdus), sans les Ecossais et les Irlandais, Liverpool n'a pas perdu mais c'est tout comme. Sur un corner tiré par Milner, Ings, tout seul, a ouvert le score de la tête pour les Reds (41e). Avant même le retour aux vestiaires, les Blues avaient égalisé, Lukaku exploitant une mauvaise relance d'Emre Can.

Il restait encore plein de matchs à voir ce dimanche mais pour Brendan Rodgers, c'était déjà fini. L'entraîneur, arrivé à Liverpool en 2012, a été limogé dans la soirée. Il s'y attendait ; malgré des dépenses somptuaires (250 millions d'euros en deux ans), les Reds ne sont que dixièmes.


14h30 : Ajax Amsterdam-PSV Eindhoven 1-2

Dans les années 70, le collier de barbe à la Tillmann était à la mode. Le football total de l'Ajax aussi. Le premier a plus mal vieilli que le second, toujours enseigné dans les écoles de foot du monde entier, à commencer par la Suisse. Les successeurs de Cruijff, Van Basten, Bergkamp, Ibrahimovic ou Luis Suarez partent trop tôt pour régner sur l'Europe mais ils restent suffisamment longtemps au pays pour dominer la Eredivisie (quatre titres consécutifs entre 2011 et 2014). Le champion en titre est toutefois le PSV Eindhoven, venu défendre son bien chez le rival. L'Uruguayen Gaston Pereiro a rapidement ouvert le score pour le PSV (7e), l'Allemand Amin Younes a rapidement égalisé pour l'Ajax (10e) puis Pereiro a tardivement conclut pour le PSV (79e). A Eindhoven, on sait moins former les joueurs mais l'on sait attirer les jeunes attaquants prometteurs. L'Uruguayen Pereiro connaîtra peut-être le destin des Brésiliens Romario et Ronaldo, partis d'Eindhoven.

Les Néerlandais ayant toujours été assez libres question mœurs, le grand antagonisme est ici un ménage à trois. Quoique battu par le PSV, Ajax conserve la tête du classement de grâce à une différence de buts (+15) supérieure à celle de l'autre grand rival, le Feyenord Rotterdam (+7).


17h00 : Arsenal-Manchester United 3-0

Avec Liverpool, Manchester United était l'autre équipe favorite de Jean-Jacques Tillmann. Pour Bobby Charlton, pour Sir Alex Ferguson et pour cette finale de Ligue des Champions renversantes contre le Bayern Munich à Barcelone en 1999. L'avant-dernière qu'il commenta. Depuis le départ de Sir Alex, MU peine à retrouver les sommets mais semblait aller mieux cette saison. Leaders avant le déplacement à l'Emirate Stadium, les Mancuniens ont lourdement chuté face à Arsenal, perdant toutes chances en vingt minutes seulement. Alexis Sanchez a inscrit un doublé et Mesut Özil (un but) sorti son meilleur match depuis bien longtemps. Avec la finition, le gardien était généralement le point faible des Gunners. Petr Cech a été impeccable, empêchant Manchester de revenir par la suite dans la partie.

Pas grand-chose d'autre à dire. Le match a été propre, presque trop lisse. Il est loin le temps où Patrick Vieira et Roy Keane donnaient le ton dans le tunnel des vestiaires et où Arsène Wenger et Alex Ferguson jouaient les prolongations en conférences de presse.


17h30 : Bayern Munich-Borussia Dortmund 5-1

Les choses n'ont pas beaucoup changé en Bundesliga depuis l'époque de «Sous la loupe». Il y a toujours les années où le Bayern est champion et celles où le Bayern finit deuxième et achète le meilleur élément de l'équipe championne. Cette saison, le Bayern sera champion. Après huit journées, il compte déjà 24 points (rekord), 28 buts marqués (rekord) et 7 points d'avance sur le suivant (rekord). Perfekt ! Dortmund, qui cale après un début de saison remarquable (5 matchs 15 points) a pris le tarif habituel : cinq buts, dont trois des anciens de la maison jaune et noir Robert Lewandovski (doublé) et Mario Götze. Pour les deux derniers buts, comme du temps de Tillmann, on peut toujours compter sur un Müller (Thomas).


20h30 : Atletico Madrid-Real Madrid 1-1

Petite pause, le temps de regarder Sport Dimanche et l'hommage de la RTS à Jean-Jacques Tillmann, et ça repart avec le derby madrilène. «Un match de caractère et de passion, comme d'habitude», avait prédit Rafael Benitez. Ce qui, à bien y réfléchir, veut un peu tout et rien dire. Karim Benzema a rapidement ouvert le score (9e) en reprenant de la tête un centre de Carvajal. Dix minutes plus tard, son compatriote mais adversaire Antoine Griezmann ratait un pénalty. Le Français se reprenait en fin de match en laissant subtilement passer un ballon de Jakson Martinez que le jeune Argentin Luciano Vietto transformait d'une frappe puissante (83e). En face, Cristiano Ronaldo en a souvent fait trop, obnubilé par la perspective de battre le record, jusqu'ici codétenu avec Raul, de buts inscrits pour les Merengue (323). Puisque l'on parle de légendes du Real, Puskas était un bon pote de Tillmann.


20h45 : AC Milan-Naples 0-4

Clin d'oeil à Jean-Jacques Tillmann, Alberto Montessissa a lu les résultats du calcio dimanche façon «JJT». Les scores, une succession de 1-0, 1-1 et 2-1, étaient raccords. Moins ce 0-4 nocturne infligé par Naples à San Siro contre Milan. Même du temps de Maradona (qui assistait le même jour à la victoire des Pumas argentins sur les Samoas à la Coupe du monde de rugby), cela n'arrivait pas ! Mais le Milan n'est plus le Grande Milan et les tifosi ont plutôt envie de crier : AC ! L'équipe lombarde est onzième. Le Napoli de Lorenzo Insigne (2 buts hier) remonte en flèche après un très mauvais début de championnat. Le leader est la surprenante Fiorentina, que le nouvel entraîneur Paulo Sousa aurait plus de mérite à conduire au scudetto qu'il en eut la saison passée à triompher avec Bâle.


21h00 : PSG-OM 2-1

Cet incroyable tour d'Europe s'achevait à Paris avec le «Classique» entre le PSG et l'OM. L'affiche sent moins le soufre qu'au temps de Tapie, Canal + et ce cher Jean-Jacques. C'est désormais Paris qui attire les stars, sur la pelouse (Ibrahimovic, Di Maria, Cavani, Thiago Silva) comme dans les tribunes (Ronaldo, Rihanna, Sarkozy). Marseille a pourtant fait un très bon match. L'attaquant belge Batshuayi a même ouvert le score de la tête (30e). La suite du match s'est jouée sur des pénaltys : trois au total, tous justifiés, deux pour Paris juste avant la mi-temps, transformés les deux par Zlatan Ibrahimovic (41e et 45e), un pour l'OM, manqué par Barrada (55e). Double buteur, Zlatan dépasse désormais le mythique Pedro Miguel Pauleta au classement des buteurs historiques du PSG : 110 buts en trois saisons pour le Suédois, qui avait coché ce match de prestige pour battre ce record.