Jan Ullrich l'a dit et redit: il ne s'attendait pas à retrouver un tel niveau aussi vite après les multiples soucis qui l'ont contrarié depuis un an. Mais à considérer la formidable réplique qu'il a offerte à Lance Armstrong, l'Allemand peut légitimement se sentir déçu. En se penchant aujourd'hui sur son palmarès à la fois exceptionnel et frustrant en six participations sur le Tour de France, il sera en droit de suspecter une malédiction tenace.

Contrairement à Raymond Poulidor, célèbre pour ses huit podiums (trois fois deuxième, cinq fois troisième), il est certes parvenu à s'imposer – en 1997. Mais avec son agaçante collection de cinq places de dauphin – 1996 derrière Bjarne Riis, 1998 derrière Marco Pantani et 2000, 2001 et 2003 derrière Armstrong –, il talonne désormais Joop Zoetemelk au palmarès des seconds les plus prolifiques. Jan Ullrich, qui a affirmé sa confiance en l'avenir, préférerait sans doute ne pas égaler un jour le record peu enviable du Néerlandais, six fois deuxième entre 1970 et 1982.