Olympisme

Jean-Philippe Rochat se retire de la présidence du comité Sion 2026

Sa présence devenant un handicap pour le dossier valaisan, l'avocat lausannois se retire au profit du président de Swiss Olympic, le Zurichois Jürg Stahl

Jean-Philippe Rochat n’est plus président du comité de candidature Sion 2026. L’avocat vaudois a démissionné de son poste, ont annoncé mercredi le comité Sion 2026 et Swiss Olympic dans un communiqué commun. Le président de Swiss Olympic, le conseiller national Jürg Stahl (UDC/ZH), lui succède.

Selon Swiss Olympic, «la candidature suisse aux Jeux olympiques d’hiver 2026, initiée par des groupements privés, entre dans une nouvelle phase. [L’arrivée de Jürg Stahl] consacre le caractère national de la candidature, après la décision de principe favorable du Conseil fédéral en octobre dernier.»

Si le communiqué officiel présente le retrait de Jean-Philippe Rochat comme une étape aussi naturelle qu’une fusée larguant son premier étage en quittant l’atmosphère, la réalité est tout autre. Il y a encore quelques semaines, M. Rochat se sentait très bien à son poste. Proche des milieux olympiques, ancien vice-président de Swiss Ski, il voyait dans l’aventure Sion 2026 la possible consécration de sa carrière.

Déstabilisation 

C’était avant que L’Illustré ne rappelle que son cabinet d’avocats, Kellerhals Carrard, figurait dans les Panama Papers et qu’il était toujours un gros client du CIO (d’où de possibles conflits d’intérêts). C’était aussi avant que Christian Constantin, ancien vice-président de la candidature poussé vers la sortie après avoir agressé un consultant télé en marge du match Lugano-Sion, ne fasse circuler la fausse rumeur d’un salaire astronomique pour les dirigeants du comité de Sion 2026. Le 22 novembre à Lausanne, Jürg Stahl dénonçait «une tentative de déstabilisation» et affirmait que Jean-Philippe Rochat n’avait «aucune raison de démissionner».

«Une cabale»

Trois semaines plus tard, le principal intéressé admet que sa personnalité pose problème. «Les discussions autour de ma personne risquaient d’affaiblir un projet dont je souhaite le succès. J’en prends acte, avec le sentiment du devoir accompli», déclare-t-il dans le communiqué. Dans une interview mercredi au Nouvelliste, Jean-Philippe Rochat sort toutefois de la version officielle. Il évoque «une cabale contre [lui], pour [l]’attaquer sur [son] prétendu salaire, sur [sa] personne».

Vise-t-il Christian Constantin, qui n’aurait pas été d’accord de tomber tout seul? «Il articule le montant de 500 000 francs pour mon salaire, alors qu’il était présent lorsque les montants de 100 000 francs pour 2017 et 200 000 francs pour 2018 ont été protocolés, souligne-t-il. […] Ces différents éléments ont fait beaucoup plus de bruit en Suisse alémanique que le dossier des Panama Papers.»

Dans l’attente de l’émergence d’une hypothétique personnalité charismatique, désintéressée, compétente, disponible et valaisanne, la présidence de Sion 2026 est donc confiée aux bons soins de Jürg Stahl. Ce n’est pas une mauvaise idée.

JO 2026: une vraie opportunité

Libéré de sa fonction de président du Conseil national, véritable passionné de sport (lorsque nous l’avons rencontré, il se réjouissait d’aller voir du curling à Saint-Gall) et politicien plus fin que son étiquette d’UDC zurichois ne le sous-entend en Suisse romande, il donne l’impression d’un homme très au fait du dossier. Il est aussi très enthousiaste à l’idée de voir la Suisse accueillir des Jeux et fortement convaincu que l’opportunité qui existe pour 2026 ne se représentera sans doute plus avant longtemps.

S’il n’est pas Valaisan – mais cette candidature n’est plus seulement valaisanne, ni même romande –, Jürg Stahl n’en est pas moins légitime à la conduire. Swiss Olympic, dont il est le président, finance un tiers du projet. «Christian Constantin a été le premier à venir nous voir dans les bureaux de Swiss Olympic pour nous parler de son rêve de candidature valaisanne», rappelait Jürg Stahl le 22 novembre. Si Sion obtient les Jeux en septembre 2019 à Milan, les deux personnes qui signeront le contrat ville hôte avec le CIO seront le président de la Ville de Sion et le président de Swiss Olympic. Présent au début, présent à la fin; pourquoi ne pas l’être au cœur de la bataille? 

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