Dossier

Jean-Philippe Rochat: «Une étape de franchie dans une course d'obstacles»

Le comité de candidature de Sion 2026 est soulagé mais reste prudent. Les Valaisans voteront le 10 juin 2018

Restée dans les cartons mercredi dernier, la banderole avec le nouveau slogan «Raviver la flamme» a cette fois pu être déployée dans le salon d'un hôtel bernois proche du palais fédéral. L'annonce du soutien financier de la Confédération a été accueillie «avec joie, avec sérieux mais sans triomphalisme», a déclaré Jean-Philippe Rochat, le président du comité de candidature, lors d'une conférence de presse tenue à la suite de celle de Guy Parmelin.

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Le projet de Jeux olympiques d'hiver organisés en Suisse en 2026 avance. Mercredi, il a franchi une nouvelle étape dans ce que Jean-Philippe Rochat compare «à une course d'obstacles». «Cette décision nous permet de poursuivre nos travaux, a commenté Jürg Stahl, président de Swiss Olympic et vice-président du comité de candidature. Notre priorité est désormais la population de notre pays.» A commencer par les Valaisans qui, a annoncé le conseiller d'Etat valaisan Frédéric Favre, nouveau vice-président du comité de candidature, voteront sur la question le 10 juin 2018.

Une confiance à conquérir

Le refus autrichien est dans toutes les têtes. Alors, même si c'est une course, Jean-Philippe Rochat veut prendre le temps. «Nous privilégions la voie des experts, de la compréhension et de l'adhésion. Un sentiment de confiance, cela se construit.»

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Pour ce faire, les promoteurs de la candidature olympique tiennent à déconstruire d'emblée mythes et légendes. «Gigantisme et éléphant blanc sont des termes qui n'ont plus cours», assure Frédéric Favre. «Nous avons tiré les leçons du passé», promet Philippe Varone, président de la Ville de Sion.
Parce qu'un petit schéma vaut mieux qu'un long discours, Jean-Philippe Rochat ressort de son power point la carte des sites. Elle a évolué, «parce qu'il s'agit d'un document de travail, encore non abouti. Nous n'avons rien à cacher.» Il n'y a ainsi plus de grand village olympique à Collombey mais un plus petit, «de 1400 lits» à Sion, et sept «hébergements olympiques», composés de structures déjà existantes, près des principaux sites de compétition.

La voie olympique? «Une légende urbaine!»

L'avocat lausannois passe d'une ville à l'autre pour démontrer la rationalité des options choisies. «A Lausanne et Fribourg, les nouvelles patinoires seront construites d'ici 2020, indépendamment des Jeux. A Berne et Bienne, elles existent déjà. A Aigle, l'anneau de vitesse sera loué et démontable.»

Selon l'étude d'impact réalisée pour le dossier de candidature, les voies de communication actuelles seront suffisantes. «Le traffic généré est estimé à 22 000 véhicules par jour; le contournement de Lausanne en absorbe actuellement 90 000 par jour. Et il n'y aura pas de voie olympique [une voie réservée pour les véhicules accréditées], c'est une légende urbaine!»

L'occasion pour la Suisse de montrer l'exemple

Cette démonstration a un but: affirmer que réaliser enfin la promesse de Jeux raisonnables et durables est enfin possible. Les responsables du comité de candidature ne sont pas loin de penser que s'il y a un pays qui peut y arriver, et prouver au monde tout son savoir-faire, c'est bien la Suisse. Il ne reste plus qu'à en convaincre la population locale, les autres cantons et les membres du CIO.

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