Sous la pluie de Shanghai, Jenson Button a remporté le Grand Prix de Chine de Formule 1 et s’est emparé de la tête du Championnat du monde. Le Britannique a devancé son coéquipier chez McLaren et compatriote Lewis Hamilton pour fêter son second succès de l’exercice. Nico Rosberg (All/Mercedes) a complété le podium.

Le choix osé de Button d’aller se frotter à Lewis Hamilton chez McLaren paye. Le Champion du monde en titre s’est adjugé l’étape chinoise, disputée dans des conditions changeantes et avec de nombreuses apparitions de la voiture de sécurité. Il est en train de dominer à la surprise générale le «fils prodige» de l’écurie anglaise.

Button marche sur l’eau

Qualifié sur la troisième ligne, le pilote né à Frome dans le Somerset a été le plus malin en course. Alors que les Red Bull - qui trustaient la première ligne après les qualifications - se sont noyées (l’Allemand Sebastian Vettel a fini sixième et l’Australien Mark Webber huitième), que les stratèges de Ferrari ont bu la tasse avec de trop nombreux passages aux stands, Button a mené l’épreuve de main de maître. «Encore une fois, nous avons fait le bon choix. Il ne s’agit pas seulement d’être rapide mais aussi de lire la course», a commenté Button, ajoutant, pour ceux qui en doutaient, que «ce n’est pas la chance qui m’a fait gagner».

Malgré un départ volé - sanctionné d’un passage par les stands - et quatre arrêts aux «box», Fernando Alonso (Esp/Ferrari) a tout de même arraché la quatrième place. Son coéquipier Felipe Massa (Bré) n’a une nouvelle fois pas tenu le rythme de son coéquipier et a fini neuvième. Vitaly Petrov (7e/Renault) a pour sa part marqué les premiers points en Championnat du monde d’un pilote russe.

La guigne de Buemi

Sébastien Buemi est maudit. Comme en Australie, le Vaudois a été éliminé dès le premier tour sans qu’il n’y soit pour quelque chose. L’Aiglon avait pourtant pris un envol parfait et avait doublé son coéquipier Jaime Alguersuari (Esp), mais une sortie de route de Vitantonio Liuzzi (It/Force India) a mis fin à sa course.

Le week-end chinois est à oublier pour Buemi, qui n’a toujours pas marqué de point cette saison. Vendredi, ses deux roues avant avaient pris la poudre d’escampette à près de 300 km/h. Samedi, il avait été, une fois n’est pas coutume, dominé en qualifications par Alguersuari. «Ne pas pouvoir rouler en essais libres a été mon premier problème. Cela laissait augurer de qualifications moyennes. Après, en partant du milieu du peloton, on sait que ces accidents risquent de se produire..., a analysé le Suisse.

«Schumi» n’a plus le rythme

Cela n’a guère été plus brillant pour Michael Schumacher (10e). L’Allemand a été largement dominé lors des essais (sept dixièmes de lâché) et en course par son compatriote et coéquipier Nico Rosberg, magnifique troisième. Le septuple champion du monde est rentré aux stands au 6e tour du GP... pour finalement ressortir sans la moindre intervention sur sa monoplace. Il a ensuite été doublé par de nombreux concurrents. Une rareté du temps de sa splendeur passée.

«Avant la saison, j’espérais être au même niveau que Michael pendant la saison, ce qui aurait été fantastique. En ce moment, je suis devant, ce qui est super. J’espère y être encore le prochain week-end de course», a avancé Rosberg, à la langue de bois sévèrement accrochée.

Les Sauber sont également en pleine crise. De prometteuses en essais hivernaux, les monoplaces d’Hinwil sont passées à catastrophiques depuis l’ouverture du Championnat. Kamui Kobayashi (Jap) a abandonné au premier tour, lui aussi victime de Liuzzi, tandis que Pedro de la Rosa a explosé son moteur après 7 rondes.