Deux milliards de dollars payés pour l'exclusivité télévisuelle, sur le territoire nord-américain, des Jeux d'hiver 2010 et d'été 2012, soit 32% de hausse par rapport au précédent package (Turin 2006 et Pékin 2008): la surenchère remportée par le géant NBC, aux dépens de ses concurrentes ABC et Fox Sports, ne restera pas sans conséquence pour le Vieux Continent. De 578 millions de billets verts déboursés par l'UER (Union européenne de radiotélévision) pour Turin et Pékin, on s'attend à une facture de quelque 700 millions en ce qui concerne 2010 et 2012.

Mais il y a pire. Jusqu'ici, l'UER négociait avec le CIO les droits globaux pour l'ensemble des pays affiliés, puis se faisait rembourser au prorata de l'audience et des moyens de chacun. Or, l'explosion desdits droits, dictée par les Américains, pourrait rendre caduc le système en vigueur de ce côté-ci de l'Atlantique.

Afin de générer davantage d'argent de la part des diffuseurs potentiels, l'Union européenne (UE) envisage sérieusement d'obliger les télévisions, publiques ou privées, à négocier séparément avec le CIO. Ce qui équivaudrait à dissoudre le «monopole protecteur» de l'UER sur l'autel des profits. Chacun devrait alors payer plus cher les précieuses images olympiques.

Le bras de fer entre diffuseurs et politiques est engagé. Nul n'en connaît encore l'issue. Cependant, Michael Payne, directeur du marketing du CIO, a déjà déclaré à la revue Around the Rings: «Il est plus qu'incertain d'obtenir avec l'Europe le même genre d'arrangement qu'en Amérique du Nord. Cela s'annonce très délicat.»

Corollaire: si l'UER devait «sauter» en matière de droits olympiques, une TV aux ressources limitées, comme «notre» SSR, pourrait voir décupler le prix des JO et renoncer à les retransmettre. Fiction? Pas vraiment: c'est déjà le cas, depuis 2002, avec le Mondial de football…