L'Australie est une île située au bout du monde. Cette double nature l'a jusqu'à aujourd'hui préservée du monde extérieur. Certaines espèces animales, comme le kangourou, l'ornithorynque ou le kookaburra ne se trouvent nulle part ailleurs; parallèlement, de nombreuses maladies ne s'y sont jamais développées. Pour perpétuer cette chance, l'Australie a mis en place de très sévères mesures douanières. Tous les paquets envoyés par la poste, tout comme les bagages des passagers en provenance de l'étranger, sont fouillés. Les autorités ne recherchent pas des explosifs ou de la drogue, mais tout simplement de la nourriture, des herbes, des chaussures ou des ustensiles mal nettoyés. Tous sont en effet potentiellement porteurs de bactéries auxquelles les défenses immunitaires australiennes ne sont pas habituées et contre lesquelles le pays n'est donc pas protégé. Selon les spécialistes, leur introduction en Australie pourrait déclencher des épidémies incontrôlables. Interdit donc d'importer de la nourriture fraîche ou des affaires mal lavées, sur lesquelles resteraient des traces de terre séchée.

Policiers de garde

Pour empêcher toute contagion, les dirigeants des Jeux olympiques de Melbourne en 1956 avaient décidé d'organiser l'épreuve d'équitation à Oslo, en Suède. Il est certain qu'à cette distance, les chevaux ne risquaient pas de leur amener des bactéries. Pour les JO de Sydney, un tel choix était impossible. Les excuses de la difficulté et de la durée du transport des chevaux par bateau n'étaient plus valables. L'un des points forts de la candidature de Sydney ayant été la situation de tous les sites olympiques dans un rayon de 60 kilomètres autour de la métropole australienne, l'équitation ne pouvait donc décemment se dérouler à 15 000 kilomètres de celle-ci.

Pour autant, l'Australie ne comptait pas laisser de côté ses règlements douaniers. Avant leur embarquement pour le pays-continent, les 237 chevaux ont passé quinze jours dans les bâtiments de la quarantaine de leurs aéroports respectifs. Pour entrer dans l'avion, ceux-ci doivent présenter un passeport à leur nom détaillant leur signalement, la date de leurs derniers vaccins et l'identité de leur propriétaire. Dès leur atterrissage à Sydney, entre le 21 août et ce vendredi, les animaux sont transportés au centre équestre de Penrith, où se déroulera la compétition. Jusqu'à la fin de la quarantaine, le 8 septembre, aucune personne étrangère aux services douaniers ne peut les approcher. Pour ce faire, des policiers assureront la sécurité du centre. Même les sécrétions de ces animaux seront préservées dans des cuves en attendant le 8 septembre et seulement enterrées après cette date si rien de suspect n'a été identifié. Assurément, rien n'a été laissé au hasard pour protéger le pays de tels animaux.