Interview

João Oliveira, footballeur suisse en Pologne: «Les fumigènes, ça rajoute un truc»

Prêté cet été par le FC Lucerne au Lechia Gdansk (Pologne), l’international M21 João Oliveira est l’un des rares footballeurs suisses à jouer en Europe de l’est. Il raconte sa nouvelle vie

Le Temps: Quelle a été votre réaction lorsqu’on vous a proposé de jouer en Pologne?

João Oliveira: J’ai dit: «OK, on y va.» A Lucerne, j’étais peu utilisé et je connaissais un peu le championnat polonais: le Legia Varsovie, qui est un grand club, Lech Poznan, où un de mes amis joue, le Lechia Gdansk également… Et je vois des joueurs d’Ekstraklasa – la première division – signer en Allemagne ou en Angleterre. C’est un championnat très suivi, qui se développe d’année en année.

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Vous n’appréhendiez pas de vous expatrier?

Je suis un fonceur. A l’âge de 15 ans, j’ai quitté ma famille, installée à Eysins dans le canton de Vaud, pour rejoindre le centre de formation du FC Bâle. Ce premier départ était le plus angoissant. Depuis, je sais ce que c’est que de plonger dans l’inconnu.

Lorsque vous arrivez à Gdansk, qu’est-ce qui vous frappe?

Le stade. Il est immense, 45 000 places, et magnifique. Chaque jour, il me semble un peu plus beau. L’accueil, aussi. J’ai débarqué à l’aéroport un lundi à 23h30, le chauffeur privé du club était là pour moi. Dès cet instant, j’ai découvert un monde de professionnalisme qui n’a rien à envier aux plus grands clubs suisses. Ici, je mène une vraie vie de footballeur et je me sens bien. Pour l’instant, je suis en prêt jusqu’à la fin de la saison. J’espère que le Lechia activera ensuite l’option d’achat pour que je puisse rester!

On parle beaucoup des supporters est-Européens…

Les nôtres sont incroyables et mettent une ambiance de folie dans les stades. A domicile comme à l’extérieur. Je m’y étais préparé en regardant des vidéos sur Internet. Elles ne mentent pas. Les supporters sont chauds, et j’adore ça. Ils chantent pendant 90 minutes, réalisent des tifos, craquent des fumigènes…

C’est plutôt mal vu en Suisse.

Moi, ça me plaît. Certains fans, plus neutres, peuvent voir ça d’un mauvais œil mais en tant que footballeur, cela rajoute un truc. Après, chaque pays a sa vision. Ici, les fumigènes font partie du jeu, ils ne sont pas décriés. La culture football est totalement différente. En Pologne, les gens la vivent plus intensément et les joueurs peuvent le ressentir. Si on ne veut pas de cette pression, il faut choisir un autre métier.

Sur la pelouse, le jeu pratiqué est-il au niveau de ce qui se passe en tribunes?

Ce n’est ni l’Espagne, ni l’Allemagne, ni l’Angleterre, mais cela joue bien quand même. Je dirai que le niveau global est supérieur à celui de la Super League suisse, et que les meilleures équipes peuvent parfaitement concurrencer Young Boys ou Bâle. Surtout, il y a une intensité, une agressivité et une vitesse impressionnantes. Depuis mon arrivée, la Pologne me surprend vraiment en bien.

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