Ceux qui ont pour manie de lire jusqu’au bout le générique de fin des vieux films ont déjà fait ce constat: les seconds rôles deviennent très exceptionnellement des vedettes. Il est rare que le figurant à la lance derrière Jules César finisse par gagner l’Oscar dix ou vingt ans plus tard. Il y a certaines choses qui s’apprennent, comme dans tout bon artisanat, mais pas crever l’écran. Et tant pis pour les milliers de jeunes gens qui nourrissent des rêves de gloire en même temps qu’une industrie des cours de comédie, des agences artistiques et des sociétés de casting.

C’est la même chose en sport et notamment en tennis, où quelques milliers de galériens de la raquette payent de leur personne et souvent de leur poche dans l’espoir de pénétrer le top 100, synonyme de réussite sportive et financière. Statistiquement, leurs chances de réussite sont assez minces, et comparables à celles de saisir un gadget dans une machine à pince à la fête foraine. Pourtant, chacun y croit et s’entraîne du mieux qu’il peut, persuadé qu’il ne lui manque qu’une chose: un déclic. La pièce manquante du puzzle, le détail qui fera que tout prendra du sens, la clé qui enclenchera le cercle vertueux.