Le sacre de l’Inter Milan d’Antonio Conte, champion d’Italie à quatre journées de la fin, après onze ans d’attente (et neuf scudetti consécutifs pour la Juventus), a ravivé le souvenir de la saison 2009-2010 auréolée d’un triplé inédit (Coupe-Championnat-Ligue des champions) et considérée comme le chef-d’œuvre ultime de José Mourinho. Cela remonte à loin, mais il faut bien essayer de trouver une explication à la décision de l’AS Roma de confier son tumultueux destin au «Mou» la saison prochaine.

En 2010, Mourinho faisait de Wesley Sneijder le meilleur joueur du monde et de Samuel Eto’o un latéral gauche, pointait un doigt vengeur dans le ciel du Camp Nou et se tirait au Real sitôt son forfait accompli. Au sommet de la contre-culture au plus fort du règne barcelonais du jeu de possession, le «Special One» apparaît aujourd’hui, à 58 ans, comme un entraîneur sur le déclin. Lui qui n’a jamais été aussi fort que lorsqu’il pouvait bâtir ses équipes «par opposition» a perdu son charisme alors que les styles de jeu ont muté, que les systèmes sont de plus en plus hybrides et que les dogmes sont devenus un refuge identitaire pour équipes de milieu de tableau.