La chronique du CIRS

Joue-la comme Kilian Jornet, une solution pour l’Everest

Le coureur a appliqué une méthode de pré-acclimatation dont pourraient s’inspirer les prétendants aux hautes altitudes. Avec toutefois quelques réserves, analyse le professeur Grégoire Millet dans sa chronique

Les photos des bouchons au sommet de l’Everest (8848 m) les 21 et 22 mai dernier ont fait le tour du monde, souvent accompagnées de leur chapelet de commentaires attristés ou ironiques et des avis d’experts sur le tourisme de masse himalayen, principalement côté népalais. Tenter de gravir le toit du monde est à la fois une affaire d’ego et une fructueuse entreprise commerciale. Il n’empêche qu’être «summiter» nécessite une acclimatation à l’altitude extrême qui soit efficace sous peine de danger de mort. Onze alpinistes y ont laissé leur vie cette dernière saison.

L’acclimatation classique: longue, coûteuse et sans garantie

Une des clés pour minimiser les risques de mal aigu des montagnes ou d’œdème de haute altitude consiste en une augmentation très progressive de l’altitude quotidienne (300-400 m maximum par jour). C’est ce que proposent les compagnies de guides, qu’elles soient locales ou européennes, en imposant une semaine touristico-physiologique où l’on augmente très graduellement l’altitude quotidienne entre Katmandou (1350 m) et le camp de base de l’Everest (5364 m).