Après un ultime titre de champion de Suisse, glané samedi soir avec Fribourg Olympic, l'un des meilleurs basketteurs du pays prend sa retraite sportive à 35 ans.

Le Temps: Qu'avez-vous ressenti à l'issue de cette dernière victoire avec Fribourg Olympic?

Harold Mrazek: Il n'y a pas de sentiment plus fort que celui de gagner un titre de champion, d'autant plus quand c'est à domicile. Mais là, remporter ce titre en gagnant le dernier match de ma carrière devant ma famille et mes amis, c'était un sentiment exceptionnel.

- Parvenez-vous à réaliser que vous avez mis un terme à votre carrière?

- Ça se fait en plusieurs étapes. J'y ai déjà pensé en jouant le début et la fin du match mais en même temps, comme le championnat est fini, tous les joueurs arrêtent. Ça va me faire bizarre quand le reste de l'équipe reprendra l'entraînement sans moi à la mi-août. Cela fait vingt-cinq ans que je pratique le basketball alors bien sûr que ça va me manquer. Mais je compte sur ma famille et mes amis pour retrouver un nouvel équilibre.

- L'exercice physique va-t-il vous manquer?

- Ce n'est pas un souci. J'ai toujours été un joueur pluridisciplinaire. Je vais en profiter pour jouer au tennis, au volleyball et pour faire du ski avec mes filles. Des sports que je ne pouvais pas pratiquer auparavant par manque de temps et parce que mon contrat me l'interdisait.

- Quel est le plus beau souvenir de votre carrière de basketteur?

- Je crois que c'est mon premier titre de champion de Suisse, remporté en 1992 à l'âge de 18 ans. C'était ma première année au sein de Fribourg Olympic, une équipe au sein de laquelle je rêvais d'évoluer depuis tout petit. Mon titre de champion de France avec Villeurbanne est aussi un souvenir extraordinaire. Mais finir en remportant encore un titre avec l'équipe de mon cœur, je crois que ça ne pouvait pas être mieux.

- Comment a évolué le niveau du basketball suisse depuis vos débuts en tant que professionnel il y a seize ans?

- Quand j'ai commencé à jouer, le règlement n'autorisait les équipes à n'avoir que deux étrangers. Maintenant, les meilleures en comptent 5 ou 6, ce qui a tiré le niveau du championnat vers le haut. Il est vrai que cela se fait au détriment des joueurs suisses, mais les équipes helvétiques sont de plus en plus performantes au niveau européen.

- Allez-vous garder une certaine forme de collaboration avec Fribourg Olympic?

- Non, je vais un peu me déconnecter du monde du basket pendant un an ou deux. Mais je vais continuer à suivre ce que fait l'équipe. On me verra encore souvent à Sainte-Croix.