Marc Roger n'est pas sorti de prison. Alors qu'Alain Marti, avocat de l'ancien président du Servette FC, avait déposé jeudi une demande de mise en liberté, le juge d'instruction Marc Tappolet a, au contraire, exprimé son intention de prolonger la détention du Français pour une durée de trois mois. Il a adressé vendredi une demande en ce sens à la Chambre d'accusation du canton de Genève. «L'enquête pourrait durer, et comme Marc Roger n'a plus aucune attache officielle avec la Suisse depuis longtemps (ndlr: août 2004, lorsqu'il a quitté son domicile de Rolle), il faut prévenir tout risque de fuite», a expliqué Marc Tappolet. La Chambre d'accusation statuera mardi prochain à propos de cette question, après avoir entendu les avocats des deux parties.

François Canonica, qui représente une vingtaine de joueurs lésés, ne souhaite pas anticiper ladite audience: «Je trouverais irrévérencieux de me prononcer sur le contenu éventuel d'une décision que prendront la semaine prochaine trois juges autonomes», a-t-il déclaré. Alain Marti, qui souligne à juste titre que cette requête de prolongation de détention n'est qu'«une formalité imposée par la loi», adopte pour sa part un discours plus offensif: «Dans cette affaire, c'est du n'importe quoi depuis le début, affirme-t-il. Marc Roger est la victime d'un traquenard organisé dans la précipitation. En trente ans de carrière, je n'avais jamais vu une plainte déposée en toute hâte à 7 h 55 du matin, comme l'a fait Me Canonica mardi. Le juge n'avait, faute de temps, même pas étudié le dossier avant d'entendre mon client. Si tout le monde s'était montré diligent, si le souci de chacun avait été de respecter la loi, Marc Roger ne serait déjà plus à Champ-Dollon. Lors de l'audience de mardi prochain, je plaiderai, preuves à l'appui, afin d'obtenir sa libération.»

Musique d'avenir. A propos d'avenir, une nouvelle ère a débuté pour le Servette FC. Dans l'anonymat de la 1re Ligue. Loin des locaux de police ou du Palais de justice. Tous les amoureux meurtris du club auront d'ailleurs l'occasion, ce dimanche à 14 h, d'oublier le passé récent. Les jeunes Grenat, encadrés par les deux rescapés Philippe Cravero et Oscar Londono, accueillent Grand-Lancy au Stade de Genève. Avec la ferme intention d'endosser leurs nouvelles responsabilités, de conquérir un public et… de jouer au football.