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Jürgen Klinsmann serein après le fiasco de Florence

Même si la presse réclame sa tête suite à la défaite en Italie (1-4), le coach de la Mannschaft ne veut rien changer.

«Fiasco à Florence», «Un nain du football», «Débâcle à l'italienne», «Catastrophe»... Les titres de la presse allemande étaient, hier matin, le reflet de la mine que poussaient les joueurs de Jürgen Klinsmann, le sélectionneur national, la veille au soir en regagnant leurs vestiaires à Florence. Encaisser quatre buts contre l'Italie et n'en marquer qu'un seul, «c'est un très mauvais départ pour la Coupe du monde. L'état d'urgence est déclaré», estimait le quotidien des affaires Frankfurter Allgemeine Zeitung, résumant l'inquiétude du pays après la véritable correction infligée par les «Azzurri» lors de ce match préparatoire.

«Vous avez discrédité l'Allemagne avant le Mondial», accusait même le quotidien populaire Bild, qui a décerné un nul et un «flacon rouge» à toute la Mannschaft pour avoir fait boire aux fans de foot le calice jusqu'à la lie. Aucun joueur ne mérite d'être racheté pour ses performances, estime Bild, même si quelques-uns, dont le gardien Lehmann, se sont tout de même un peu battus. Le maillot rouge qu'affectionne l'entraîneur Klinsmann n'aura pas porté chance aux hôtes de la prochaine Coupe du monde.

«Hors de ses pompes»

Menée 2 à 0 après seulement sept minutes de jeu, buts de Gilardino et Toni, l'équipe germanique s'est rapidement trouvée «hors de ses pompes». Hésitations, manque de sécurité, la défense assurée par Friedrich, Huth, Mertesacker et Lahm faisait peine à voir, incapable de contrecarrer les débordements italiens et les remises au centre, trop tard sur le ballon. Quelques minutes avant la pause, le 3 à 0 infligé par De Rossi sonnait le début de la débâcle allemande. Score aggravé à la 48e minute par Del Piero, toujours inspiré. Il a fallu attendre la 83e minute pour que Huth sauve l'honneur germanique sur un corner.

«Quatre buts, c'est vraiment dur à avaler. On n'a pas d'argument. L'équipe a été désécurisée dès les premiers revers», analysait devant les caméras Michael Ballack, à la fin du match. Le capitaine et joueur du Bayern Munich, qui faisait ces derniers jours l'objet de rumeurs, démenties depuis, sur un éventuel transfert à Chelsea, n'a lui-même pas été l'inspirateur de cette Mannschaft désorientée.

Pour autant, même si la presse allemande estime que, désormais, Klinsmann doit se poser de sérieuses questions sur ses méthodes et le choix d'une équipe jeune et fragile, s'il n'a pas assez provoqué d'inquiétude au sein de l'équipe, selon Bild, personne ne songe sérieusement à exiger sa tête, à cent jours du Mondial.

La méthode Coué

Theo Zwanziger, président de la Fédération allemande de football (DFB), ne voyait jeudi aucune raison d'évoquer une crise de management, ni d'avoir une sérieuse explication avec le sélectionneur national. Il continuait à se déclarer persuadé que l'équipe se reprendra pour le prochain match contre les Etats-Unis à Dortmund, le 22 mars. D'ailleurs, «il n'y a pas d'alternative à cette jeune équipe. On doit vivre avec cela. Ce qui sera déterminant, c'est le match d'ouverture du Mondial contre le Costa Rica, le 9 juin à Munich».

Klinsmann n'entend rien changer à son équipe pour cette prochaine rencontre. «Tout le monde sera là», a-t-il promis. Tout juste a-t-il renoncé aux tests de performances. L'entraîneur, qui parle d'une «dure leçon», continue à faire confiance en son équipe et à ses propres plans, «même si le chemin est encore un peu raboteux» jusqu'en juin.