De nombreux sportifs ont pu recommencer à s’entraîner cette semaine, après deux mois de pause forcée liée à la lutte contre le nouveau coronavirus, mais le plus dur reste à venir pour tout l’écosystème. L’incertitude demeure quant au moment où les compétitions pourront reprendre, et surtout à celui où l’argent recommencera à entrer. Ce mercredi, le milieu sportif a au moins été fixé au sujet des aides financières prévues par le Conseil fédéral.

Lire aussi: Le sport, colosse financier aux pieds d’argile

Les ligues professionnelles de football et de hockey sur glace pourront bénéficier de 350 millions de francs sous la forme de prêts remboursables, tandis que les organisations de sport populaire et d’élite dans les autres disciplines se partageront jusqu’à 150 millions de francs injectés à fonds perdu. «Le sport professionnel a la possibilité de rembourser les crédits. Les clubs sont des sociétés anonymes qui essaient de faire des profits. Ce n'est pas du tout comparable avec le sport amateur», souligne la conseillère fédérale Viola Amherd. Ces 500 millions s’entendent en supplément de l’aide d’urgence de 100 millions de francs (dont la moitié à fonds perdu), validée le 24 mars dernier.

Aide en deux temps

Le Conseil fédéral part du principe que le sport est «généralement plus touché que l’économie, et de façon plus durable» à l’épreuve des crises, car son modèle de financement implique une «forte dépendance aux sponsors, aux revenus générés par les événements, aux médias, aux droits de télévision, aux loteries, et aux fonds des collectivités publiques». Autant de secteurs qui sont, eux-mêmes, frappés par la pandémie de Covid-19, et dont les blessures promettent de laisser aux clubs et autres manifestations sportives des douleurs persistantes sur la durée.

C’est pourquoi les aides ont été imaginées en deux temps. La moitié de ce qui est prévu pour les ligues de football (100 millions) et de hockey (75 millions) est destiné à compenser les pertes de recettes du 1er juin à la fin de l’année, au même titre que 50 millions pour le reste du sport. Le reste sera porté au budget de l’année 2021.

Les fédérations internationales ne sont pas oubliées

Le sport professionnel sera particulièrement scruté dans son utilisation de la manne financière publique. Le Conseil fédéral attend la mise en place d’un fonds de garantie solidaire pour pallier de futurs risques, tandis que «la formation de la relève doit être poursuivie au moins dans les mêmes conditions qu’avant la pandémie». Par ailleurs, «les prêts accordés par la Confédération ne doivent pas être utilisés pour couvrir les salaires de certains joueurs». La Swiss Football League s'est néanmoins félicitée des mesures annoncées, qui rendent «justice à l'importance du sport pour la société et l'économie».

Lire également: En sport, il faut sauver les plus forts d’abord

Le Conseil fédéral s’est aussi positionné sur la situation des quelque 60 fédérations internationales dont le siège est situé en Suisse. FIFA, CIO et UEFA mis à part en raison de leur solide assise financière, ces organisations «dont certaines sont menacées d’insolvabilité» doivent pouvoir obtenir des prêts remboursables, pris en charge pour moitié par le CIO et pour moitié par les cantons concernés et la Confédération.

Enfin, il a été décidé de maintenir les subventions liées au programme Jeunesse + Sport même si les activités qui devaient justifier leur attribution n’ont pas pu être organisées.