Mardi après-midi, à son club de Limelette, la Belge Justine Henin a mis un terme à sa carrière comme elle a remporté ses plus beaux trophées: avec classe et noblesse.

L'instant était grave et solennel, la foule était dense et il régnait une chaleur suffocante dans une salle où les proches de la joueuse avaient pris place aux côtés des journalistes. Mais ce petit bout de femme de 1m67, qui n'a eu de cesse de repousser ses limites pour finalement devenir immense, était là, calme et souriante.

Jamais elle ne versa une larme, laissant ce soin à Carlos Rodriguez, son fidèle entraîneur avec qui elle travaille depuis ses 14 ans, trahi par ses émotions. Justine Henin arrête et c'est tout un pan du tennis féminin qui s'effondre. D'autres joueuses avant elle ont pris le temps de se poser pour revenir. Pourquoi pas elle?

Très vite, cependant, on s'aperçoit que c'est le cœur qui parle. La raison, elle, se veut plus froide: cassée de partout, Henin a pris la bonne décision et il faut espérer, au contraire, qu'elle ne reviendra jamais dessus. Car quand on y réfléchit bien, on ne peut rêver à une meilleure fin.

Quitter la scène alors qu'on est nº1 mondiale est une décision empreinte de courage, sans doute la plus difficile qu'une athlète de haut niveau ait à prendre. La championne de Rochefort a coupé le cordon qui la liait au sport qui lui a tout donné, histoire de mieux démarrer une vie qu'elle souhaite loin de l'agitation qui était son quotidien depuis dix ans.

Son départ, qui intervient presqu'un an jour pour jour après celui de Kim Clijsters, laissera un grand vide, particulièrement au tournoi de Roland-Garros qui démarre dans onze jours et où Henin restait sur trois victoires d'affilée (plus celle récoltée en 2003). La championne olympique part à l'âge de 25 ans, en pleine gloire. Cela ne s'était jamais produit. Clijsters avait pris congé à l'âge de 23 ans quand elle était classée quatrième mondiale. Quant à Steffi Graf, elle avait tiré sa révérence à l'âge de 30 ans alors qu'elle était troisième.

Comme beaucoup de championnes, Henin souffrait de pépins physiques. Il ne fait toutefois aucun doute que la raison principale de sa retraite anticipée est à chercher sur le plan mental. Petit à petit, l'entraînement de GI consenti pour se maintenir au plus haut niveau est apparu de plus en plus insurmontable.