Ces revenant(e) s qui, après une saison gâchée ou un arrêt volontaire, se permettent de secouer la hiérarchie alors qu’ils (elles) ne figurent plus parmi les meilleur(e) s, voilà qui doit confiner à l’insupportable pour les têtes de série de cet Open d’Australie. Ainsi James Blake, retombé à la 45e place mondiale suite à un exercice 2009 où il se transforma en ectoplasme, a-t-il failli épingler Juan Martin Del Potro à Melbourne Park. L’Argentin, No 5 et vainqueur du dernier US Open face à Roger Federer, a sauvé sa peau 10-8 au 5e set.

La jolie Russe Elena Dementieva, elle aussi No 5 côté féminin et championne olympique en titre, n’a pas connu la même chance contre Justine Henin, attraction du tournoi après ses 18 mois d’absence. La Wallonne a franchi le 2e tour dans une Rod Laver Arena pleine à ras bord de ses 15000 spectateurs – le tennis des dames n’intéresse personne? – en éliminant la blonde de l’Est 7-5 7-6 (8/6) en 2h50’, à l’issue d’un duel digne d’une finale de Grand Chelem: puissance, subtilité, intelligence de jeu, finesse, agressivité, suspense, l’entier de la magie tennistique est passé par les raquettes des deux jeunes femmes.

Le problème de Justine, ex-No 1 planétaire mais encore non classée à la WTA, c’est qu’elle ne va affronter que des grosses têtes sur la pente savonneuse qui la sépare de son sacre rêvé. La prochaine étant une autre Russe, Alisa Kleybanova (No 27). Le problème des grosses têtes, a contrario, est que celles qui se frotteront à la Belge (déjà finaliste à Brisbane, battue de justesse par son ennemie intime Kim Clijsters), risquent fort de s’arrêter net. Oui, vraiment passionnant, cet Open d’Australie féminin.