Dépression

Kelly Catlin, une vie trop parfaite

Triple championne du monde de poursuite par équipe, engagée par une équipe professionnelle sur route, diplômée de Stanford, parlant le chinois et jouant du violon, la jeune championne américaine avait tout pour elle. Sauf un peu de temps pour ne rien faire

Kelly Catlin n’était pas de ces héroïnes populaires que l’époque encense. Ce n’est pas avec le cyclisme sur piste que l’on devient une star. Mais elle était de ces sportives que l’on admire en secret parce qu’elles brillent d’un même éclat sur tous les terrains – sport, études, arts – et semblent posséder tous les dons: le talent, la volonté, la discipline, la polyvalence. Il devait manquer une pièce au puzzle. La championne américaine a mis fin à ses jours, le vendredi 8 mars dans sa résidence sur le campus de Stanford. Elle avait 23 ans.

La famille n’a pas fait mystère des conditions de sa disparition. «Kelly s’est ôté la vie», a indiqué son père, Mark Catlin, au site Velo News. Originaire d’Arden Hills (Minnesota), Kelly Catlin possédait pêle-mêle un diplôme de premier cycle en génie biomédical, une licence en chinois, trois titres de championne du monde de poursuite par équipe, une médaille olympique d’argent (Rio 2016), un contrat avec l’équipe de cyclisme sur route Rallye et assez de temps libre pour mémoriser le Concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski, opus 35.