Hippisme

Khadijah Mellah, un hidjab sous la bombe

A l’heure où ailleurs le voile affole, en Angleterre Khadijah Mellah, jeune jockey portant le hidjab, est l’héroïne de sa propre vie dans un documentaire diffusé à la télévision nationale. Un parcours différent qui, elle l’espère, en appellera d’autres

Fuir à cheval le cours d’une existence formatée. C’est ce qu’a réussi à faire Khadijah Mellah, et ce, bien avant sa victoire lors de la Magnolia Cup, course amateur de charité, remportée en août dernier. A 18 ans seulement, en portant le hidjab sous sa bombe. Avant l’équitation, la Londonienne s’était essayée à d’autres sports. Pêle-mêle: cricket, karaté ou boxe. Remarquant en passant que «son foulard la différencie des autres». Pour autant, elle a continué jusqu’à ce que, lorsqu’elle a eu 12 ans, sa mère tombe sur une brochure évoquant le Ebony Horse Club. Une école d’équitation à Brixton, South London, l’un des coins les plus pauvres du Grand Londres.

L’école, dit la brochure, pose comme slogan: «Nous pensons que l’équitation et le soin du cheval peuvent avoir un effet positif sur les jeunes gens qui grandissent au sein des communautés les plus désavantagées de South London.» Au cours d’un long périple toujours dans son quartier, donc, mais loin de son confort, Khadijah Mellah apprend. «Dans le sport, ce qui fait ma force, c’est d'essayer de montrer ce qu’une fille comme moi est capable de faire. Faire mentir les gens ou les situations», sourit-elle. En préparant la Magnolia Cup cet été, à la British Racing School dans le Suffolk, elle cherche une fille qui lui ressemble. «Sur plus de 200 jockeys, il y avait une seule fille de couleur», se rappelle-t-elle. Son parcours est désormais visible dans un documentaire diffusé à la télévision britannique. Film soutenu par la GBR (organe de communication de la fédération) qui espère moderniser l’image d’un sport à l’aura si conservatrice. Ça tombe bien, Khadijah Mellah attend, aussi, d’être un modèle.