Le «Kicker» suisse est plébiscité en Bundesliga

Football Dix-neuf joueurs suisses participeront à la saison 2015-2016. Un record

Nico Elvedi, défenseur zurichois de 18 ans, a signé voici une semaine au Borussia Mönchengladbach. Avec lui, 19 joueurs suisses joueront dans un club allemand de première division la saison prochaine. Cette saison, 11 clubs sur 16 avaient au moins un Suisse dans leur contingent et un gardien sur quatre venait de Suisse. La Confédération occupe ainsi la première place au classement des joueurs étrangers. Devant le Brésil (13 joueurs) et… le Japon (12 joueurs).

Créée en 1963, la Bundesliga n’a pendant longtemps compté aucun joueur étranger. Depuis, 66 footballeurs suisses sont passés par un contrat en République fédérale. Dans les années 1970, Ruedi Elsener (Francfort), René Botteron (Cologne), Christian Gross (Bochum) ou Andy Egli (Dortmund) font figure de pionniers, sans rencontrer la gloire. Stéphane Chapuisat est un des premiers Suisses à se faire remarquer dans la Bundesliga, dans les années 1990.

Ottmar Hitzfeld l’avait ramené d’Uerdingen à Dortmund, un transfert jugé à l’époque à l’unanimité comme particulièrement risqué. Chapuisat deviendra une des mascottes du public allemand, avec 106 buts, troisième meilleur score d’un joueur étranger dans toute l’histoire de la Bundesliga, et surtout vainqueur de la Ligue des champions 1997. Depuis, Ciriaco Sforza (Kaiserslautern), Ricardo Rodriguez et Diego Benaglio (tous deux à Wolfsburg) ont atteint eux aussi un statut de quasi-superstars auprès des fans.

Sans oublier l’entraîneur vaudois Lucien Favre, l’homme providentiel qui a sauvé Mönchengladbach de la relégation, faisant du club à nouveau l’une des meilleures équipes d’Allemagne.

Entre 2004 et 2009, les «Kickers» suisses n’étaient toujours qu’une poignée à jouer dans un club allemand. Tout a changé en 2009, avec le titre mondial pour l’équipe suisse des moins de 17 ans, au Nigeria. Cette victoire est considérée, aussi en Allemagne, comme la consécration d’un formidable travail de formation avec les jeunes. Aujourd’hui, ils s’appellent Roman Burki, Yann Sommer, Valentin Stocker, Josip Drmic, Tranquillo Barnetta.

«Un énorme compliment»

Max Eberl, manager de Mönchengladbach, parle de «pas de géant d’une très bonne génération» au sujet de ces jeunes recrues venues du sud. Après une traversée du désert dans les années 1980 et 1990, les Suisses récolteraient aujourd’hui les fruits de leur investissement dans la formation des jeunes. «Les Suisses se sont posé les bonnes questions, estime le coach. On assiste à l’éclosion d’une génération créative et ambitieuse.»

La formation «à la suisse» n’est pas le seul atout des jeunes joueurs helvétiques. Leur maîtrise de l’allemand et la connaissance des règles et de la culture germaniques leur permettent de s’adapter sans souffrir du mal du pays, à la différence des «artistes» brésiliens. «Le fait qu’autant de Suisses sont engagés dans le pays des champions du monde est un énorme compliment pour le football suisse», souligne Günter Netzer, l’ancien joueur de Gladbach et GC, devenu un consultant très écouté.