Il n’a jamais été aussi près d’une victoire sur la mythique descente du Lauberhorn. Didier Cuche n’a concédé qu’un retard de 14 centièmes de seconde, soit 4m10 sur les 4,5 km de cette interminable piste, sur l’Autrichien Klaus Kröll. Dans une ambiance hystérique, le Neuchâtelois de 36 ans a signé sa troisième deuxième place samedi à Wengen. «En arrivant dans l’aire d’arrivée, je jette toujours un coup d’œil au tableau pour voire si la différence de temps est indiquée en vert ou en rouge, a-t-il dit. Quand j’ai vu qu’elle était rouge, j’ai ressenti une légère déception, mais aussi une grande joie grâce à la chaleur du public. Wengen, n’est jamais une course facile, et quand on arrive entier et qu’on a signé une bonne performance, il faut savoir s’en contenter.»

Le champion des Bugnenets a sans doute perdu la victoire sur une petite faute de carre à mi-parcours. «C’est une faute que je ne fais presque jamais, a-t-il dit. Mais pour être rapide, il faut laisser aller ses skis et ce genre de chose peut arriver.» Ses redoutables qualités de finisseurs ont ensuite permis à Didier Cuche de combler presque tout son retard. Moins quatre mètres.

Le Neuchâtelois était particulièrement sollicité à Wengen. Un hélicoptère lui a cependant permis d’éviter un bain de foule avant sa course. «Ça m’a aidé à rester dans ma bulle, a-t-il confié. J’étais tendu, mais j’ai réussi à retrouver mon calme et ma confiance en moi avant le départ.» Un public record de 35 000 personnes a encouragé le Neuchâtelois tout au long du Lauberhorn.

Loin de sembler abattu après sa performance, Didier Cuche a martelé sa motivation pour le rendez-vous autrichien de Kitzbühl: «J’ai assez tourné autour de la victoire. J’ai les qualités pour gagner, mais il ne faut pas que je perde patience. Marco Büchel doit être un peu nerveux. Je cours après son record, [il est le skieur le plus âgé à avoir remporté une manche de Coupe du monde] et je sens que je suis tout près.» Le champion a promis de revenir à Wengen l’an prochain, mais pas forcément en combinaison de ski.

Valeureux troisième, Carlo Janka a signé son deuxième podium en deux jours à Wengen. Éprouvé physiquement par le super-combiné de la veille, le Grison a lancé ses dernières forces dans la descente avant de s’effondrer dans la zone d’arrivée. «J’ai besoin d’enfin connaître un été sans problème pour pouvoir m’exprimer pleinement, a-t-il dit. Mais Wengen est la plus belle fête du ski et c’est un honneur d’en faire partie.»