Ils se sont battus pour la défense de leurs droits et ont mis à genoux de puissantes institutions. Arrêt Bosman, arrêt Malaja, retour sur ces anonymes qui ont renversé les frontières.

– Arrêt Bosman: un obscur footballeur belge, Jean-Marc Bosman, est transféré du SK Lierse au FC Dunkerque. Selon une pratique répandue, les deux clubs spéculent. Un désaccord sur le montant bloque l'opération et Bosman, prisonnier du litige, ne peut plus exercer son métier. Il porte le cas devant la Cour européenne de justice qui, en 1995, rend une double jurisprudence: abolition des indemnités de transfert lorsque le joueur est en fin de contrat; liberté de travail au sein de l'Union européenne pour tous ses ressortissants.

– Arrêt Malaja: une jeune basketteuse polonaise, Lilia Malaja, s'unit à Strasbourg en 1998. La Fédération française refuse de valider le transfert. Motif: l'équipe alsacienne emploie déjà deux joueuses extracommunautaires, le maximum admis. Lilia Malaja alerte la justice. Quatre ans plus tard, le Conseil d'Etat français lui donne raison, s'appuyant sur un accord de coopération signé entre l'UE et 24 autres pays d'Europe centrale (dont la Pologne) et du Maghreb.

– Traité de Cotonou: conséquence indirecte de l'arrêt Malaja, les accords de coopération conclus à Cotonou (Bénin) entre l'Union européenne et 77 pays d'Afrique/Caraïbes/Pacifique ne permettent plus, en théorie, d'appliquer la règle des quotas pour tous les ressortissants des Etats signataires.