Quelles sont vos impressions juste avant le coup d’envoi du Mondial?

Je suis un homme positif et je peux vous dire que cette Coupe du monde sera un succès. Personne, quels que soit l’événement et les précautions prises au niveau de la logistique, des télécommunications, des transports, ne peut garantir que tout se passera parfaitement. Mais je suis convaincu qu’au bout du compte, elle sera un succès. Nous sommes fiers d’aller en Afrique du Sud et l’Afrique du Sud est prête. Je suis un petit peu… nerveux n’est pas le mot, mais j’ai le trac comme un acteur sur le point d’entrer en scène. Ce trac est une bonne chose et vous donne le taux d’adrénaline nécessaire avant toute grande performance.

Que peut attendre l’Afrique du Sud de l’organisation d’un tel tournoi?

Le seul sport qui peut réunir tous les Sud-Africains, c’est le football. Nous croisons donc les doigts, nous espérons que Nelson Mandela pourra voir se réaliser son rêve qui est d’être présent à l’ouverture de la Coupe du monde. Car cette Coupe du monde sera la clé de voûte de l’intégration de l’ensemble de la population de l’Afrique du Sud.

Il y a tout de même des doutes sur la capacité de l’Afrique du Sud à organiser le tournoi…

Si vous regardez le continent africain ou l’Afrique du Sud, on ne peut pas dire que ce n’est pas un pays développé. C’est comme le Brésil dans quatre ans. Ces deux pays ont été invités par le G8 à rejoindre les rangs des grands pays développés. La Coupe du monde ne doit pas seulement se tenir là où c’est le plus facile à organiser. Le football est le sport du monde entier. Chacun a le droit d’organiser la Coupe du monde s’il remplit les critères, ce qui est le cas de l’Afrique du Sud et du Brésil.

De nombreux pays, notamment européens, sont préoccupés par les problèmes de sécurité…

Nous ne doutons pas des capacités de l’Afrique du Sud à mettre en place une bonne sécurité. Il y a 11 millions de touristes qui se rendent en Afrique du Sud chaque année et l’ambassadeur allemand à Pretoria vient de lancer une nouvelle invitation à ses compatriotes à se rendre en Afrique du Sud. Il ne faut pas penser que c’est un pays où on n’est pas en sécurité.

L’Afrique du Sud tablait au départ sur 450’000 visiteurs étrangers et aujourd’hui on parle de 200’000. Pourquoi et quel sera l’impact sur l’organisation du tournoi?

N’oublions pas qu’il s’agit là de personnes qui viennent d’autres continents. Si on prend les Coupes du monde précédentes, il y avait pas mal de voyageurs locaux ou venus des pays voisins. On est persuadé qu’il y aura du monde et que les stades seront remplis à 95%, voire plus.

Que pensez-vous des chances de l’Afrique du Sud de briller sur son sol?

S’ils jouent comme ils ont joué en Allemagne contre la Corée du Nord (0-0, jeudi en amical, ndlr), il n’y aura pas beaucoup de buts. Or pour avancer, il faut marquer des buts. Pas de buts, pas de progression. Désolé.

Avez-vous d’autres projets pour l’Afrique après le Mondial?

Nous tentons d’aider les pays à créer des ligues professionnelles ou semi-professionnelles pour que les joueurs africains puissent gagner leur vie. Une ligue va se créer au Maroc. La Confédération africaine, sous la présidence d’Issa Hayatou, a créé la CHAN, une compétition continentale accessible uniquement aux joueurs évoluant en Afrique. Nous aurons donc des choses à proposer aux joueurs africains pour qu’ils ne cherchent pas à partir aussi rapidement. Nous avons aussi interdit les transferts pour les joueurs de moins de 18 ans. Le talent des joueurs africains est aussi grand que celui des autres continents. Mais ce qui leur manque, c’est la tactique. Il faut pour cela assurer une continuité alors que les fédérations ont tendance à changer de sélectionneurs à tout bout de champ.