L’alpiniste norvégienne Kristin Harila est plus que jamais en course pour gravir les 14 sommets de plus de 8000 mètres de la planète dans un temps record. Après avoir coché le Gasherbrum I au Pakistan, onzième étape de sa quête, il lui reste jusqu’au début du mois de novembre pour faire mieux que Nirmal Purja en 2019. Il n’avait alors fallu au Népalais que six mois et six jours pour effacer des annales le Polonais Jerzy Kukuczka, qui avait accompli la totalité des ascensions en… sept ans, onze mois et quatorze jours, dans les années 1980.

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Dans l’immédiat, Kristin Harila va regagner la Norvège avant un dernier voyage pour l’ultime phase de son projet. Les trois sommets encore à gravir sont le Cho Oyu (8201 mètres, 6e plus haut du monde), le Manaslu (8163 mètres, 8e) et le Shishapangma (8027 mètres, 14e), tous situés entre le Népal et la Chine.

Saison record

La Norvégienne a commencé son aventure le 28 avril dernier en atteignant le sommet de l’Annapurna (8091 mètres), au Népal. En 105 jours, précise son équipe, elle a depuis atteint le sommet d'onze 8000, dont un enchaînement Everest-Lhotse le 22 mai et l’ascension du K2, deuxième plus haute montagne de la planète, le 22 juillet.

Jeudi vers 7h15 heure locale, elle a annoncé sur les réseaux sociaux avoir réussi l’ascension du Gasherbrum I (8080 mètres), le 11e plus haut sommet du monde, accompagnée de ses guides Pasdawa et Dawa Ongju. L’annonce a été confirmée par Karrar Hadri, secrétaire du Club alpin du Pakistan.

Dans ce pays où se dressent cinq des 14 sommets de plus de 8000 mètres, dont le K2, la saison d’escalade a battu des records cette année. Quelque 1780 permis de gravir ces monstres ont ainsi été délivrés, a précisé à l’AFP Sajid Hussain, chef du département du tourisme de la région du Gilgit-Baltistan. «Cela a stimulé notre tourisme et a augmenté nos devises étrangères», a-t-il souligné.

Conditions difficiles

Comme les autres grimpeurs, Kristin Harila a dû faire avec des conditions pas toujours clémentes. «La deuxième phase au Pakistan a été très difficile et dangereuse», a posté l’alpiniste sur sa page Instagram, évoquant en vrac une pierre qui l’a touchée, la maladie et le caractère serré du calendrier. «Mais nous sommes là, avec seulement trois sommets restants», a-t-elle ajouté.

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A ce jour, seulement une quarantaine de personnes ont gravi les 14 super sommets. «Dans l’histoire et jusqu’à présent, ce sont les hommes forts et machos qui partent escalader des montagnes», expliquait l’alpiniste de 36 ans, engagée en faveur de la reconnaissance des femmes dans le sport, dans une interview accordée au printemps à l’AFP.

«Quand je parle à des gens qui ne sont pas dans ce sport, ils pensent que les hommes sont plus capables que les femmes… Si nous voulons changer, nous devons attirer l’attention et montrer que les femmes sont tout aussi capables», avait-elle plaidé.