Il était connu pour être la «Swiss Machine» des cimes. Ce printemps, il revenait en Himalaya pour tenter la traversée sans oxygène de l'arête reliant l'Everest (8848 mètres d'altitude) au Lhotse (8516 mètres) accompagné par son compagnon népalais Tenji Sherpa.

Son projet était celui qui attirait le plus de regards cette saison. Ueli Steck allait s'attaquer au Toit du monde par l'arrête ouest, suivre le couloir Hornbein que plus personne n'a parcouru depuis le premier passage en 1963, descendre par le col sud puis tirer droit sur le Lhotse. Une traversée qui implique de demeurer longtemps dans la «zone de la mort» au-dessus de 7500 mètres.

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Les coteaux, de plus en plus haut

Au Népal depuis le début du mois d'avril, le Suisse de 40 ans s'acclimatait. A partir du camp de base de l'Everest, au fond de la vallée du Khumbu, il parcourait les coteaux. De plus en plus haut. Sur sa page Facebook qu'il tentait de tenir à jour, il exultait, il disait sa joie d'être là-haut, et partageait ses sensations. Toujours bonnes. Ueli Steck s'acclimatait mieux que quiconque, avait une forme d'enfer et une technique alpine imparable. 

Une glissade fatale?

Dimanche matin, son corps a été retrouvé près du Camp I sur le flanc du Mont Everest. Bien que les causes de son décès soient floues, selon les blessures, les sauveteurs suspectent une glissade sur une pente glacée suivie d'une longue chute. C'est un grand choc pour le monde de l'alpinisme qui vient de perdre un de ses porte-flambeaux.

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