La Fédération internationale de basket a profité d'un symposium organisé hier à Lausanne par l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour annoncer qu'elle acceptait à son tour le code de l'AMA. Avec cette nouvelle signature, l'étau se resserre encore sur les dopés. Désormais, ce sont les fédérations de 24 sports olympiques d'été sur 28 qui ont activé le document. Ne manque plus qu'un sport olympique d'hiver, deux disciplines reconnues par le Comité international olympique (CIO) et ne participant pas aux Jeux, et sept non reconnues par lui. Sur 201 comités olympiques nationaux cependant, seuls 48 ont adopté le Code mondial antidopage (à l'AMA, on explique qu'une confusion a longtemps régné, les comités nationaux pensant qu'ils n'avaient pas besoin de ratifier le document, vu que le CIO l'avait fait).

Dès la fin février, les basketteurs sélectionnés pour les JO, stars de la NBA comprises, pourront être contrôlés en vue d'Athènes. A moins de deux cents jours de l'ouverture des Jeux olympiques d'été, l'objectif de l'AMA – faire appliquer son code par toutes les fédérations des sports représentés – est presque atteint. Manquent tout de même plusieurs grosses organisations: la Fédération internationale de volleyball (FIVB) qui doit se réunir au printemps, et la Fédération internationale de football (FIFA), avec laquelle tous les différends auraient disparu. L'Union cycliste internationale (UCI) représente un problème plus aigu, ne cache pas Richard Pound, le président de l'AMA (lire ci-contre).

Le système de sanctions prévu dans le code a soulevé des interrogations, certains le trouvant trop rigide. «Le code est flexible sur ce point, a insisté David Howman, directeur général de l'AMA. Nous l'avons peut-être mal expliqué au départ.» Un tribunal, a-t-il détaillé, peut choisir une sanction nulle envers un athlète qui peut expliquer comment une substance interdite est entrée dans son corps, puis prouver qu'il n'a commis aucune faute, et une sanction réduite si la faute est considérée comme «peu importante». Tout se jouera sur les interprétations juridiques de ce terme.

«Je suis heureux de toucher au but fixé pour Athènes. Mais le vrai test aura lieu en octobre 2005, lors du vote devant l'Unesco», a rappelé Richard Pound. Parallèlement au monde sportif, un processus politique de lutte contre le dopage s'est affirmé depuis la conférence de Copenhague, en mars 2003. Les gouvernements (parties prenantes de l'AMA puisqu'ils cofinancent l'organisation), ont en effet inscrit dans leur agenda d'inclure dans leur législation les impératifs du Code antidopage. Ils ont jusqu'aux JO de Turin en 2006 pour formaliser leur engagement. Nonante-six pays ont signé la déclaration de Copenhague, s'est félicité Richard Pound.

Les signatures des hommes d'Etat les plus puissants ne suffiront pas à stopper le fléau du dopage. Dans cette histoire, les voleurs ont encore une grande avance sur les gendarmes. David Howman a annoncé un changement de stratégie: «Notre priorité n'est plus de présenter notre programme, elle est de favoriser la recherche scientifique. Nous voulons rattraper notre retard sur les athlètes et les chimistes. La tendance actuelle n'est plus de détourner des médicaments de leur usage à des fins d'amélioration des performances, elle est d'employer des scientifiques pour fabriquer des produits dopants. Nous voulons que les scientifiques de l'AMA se mettent dans l'esprit de ceux qui aident les athlètes à tricher.»

L'agence basée à Montréal veut jouer un rôle que personne n'assume: coordonner les travaux des laboratoires spécialisés. Son directeur scientifique, selon la description de Dick Pound, doit proposer un financement additionnel à ceux qu'il juge capables de dépasser les tricheurs.

Reste à financer cet effort. Or les comptes de l'AMA, même s'ils ne sont pas aussi catastrophiques qu'en mai 2003, où il restait pour six semaines d'argent cash en caisse, sont mauvais. Pour faire payer les gouvernements, Richard Pound dit être «sûr» qu'il peut compter sur le CIO.