«Ouh la la, c’est pas bon pour le business!» Telle est la première réaction de Steve Morabito, lundi en fin de journée, lorsqu’on lui apprend la chute subie deux heures plus tôt par Lance Armstrong, son prestigieux coéquipier au sein de la formation Astana, victime d’une fracture de la clavicule droite peu avant l’arrivée de la 1re étape du modeste Tour de Castille-et-Leon. Le grimpeur valaisan, qui devait servir d’allié au Texan lors du prochain Giro, enchaîne: «C’est plus dur pour lui que pour l’équipe, qui a des leaders en réserve. C’est dommage mais bon, ce sont les aléas du sport.»

«Je me sens très mal, là…»

Pour Lance Armstrong, revenu aux affaires trois ans et demi après la dernière de ses sept victoires sur le Tour de France, le coup est rude. «La fracture est nette, sans complication. La convalescence devrait être rapide», s’est empressé de rassurer Johan Bruyneel, manager d’Astana, sur le réseau social Twitter. «Pour le Giro, ça va être très compliqué», a toutefois précisé le blessé à sa sortie de l’hôpital de Valladolid, cité par l’AFP. «Cela ne m’était jamais arrivé. Je suis très déçu, je me sens très mal, là, maintenant.» L’Américain, qui s’était aligné en Espagne pour peaufiner ses automatismes avec Alberto Contador, l’autre grande vedette de l’équipe à bannière kazakhe, retourne du coup aux Etats-Unis.

Dans quelle forme au Tour?

Pour combien de temps? Boule de gomme. Mais il est désormais certain qu’Armstrong, déjà en difficulté samedi entre Milan et San Remo, ne sera pas en mesure de jouer les premiers rôles sur le Giro (dès le 9 mai). A 37 ans, pourra-t-il remporter cette nouvelle course contre la montre et se présenter au meilleur de sa forme le 4 juillet, au départ du Tour de France? «Une chute n’est jamais bienvenue, mais celle-ci tombe très mal à ce stade de sa préparation», explique Richard Chassot, directeur du Tour de Romandie. «Ce n’est déjà pas évident de revenir après trois ans de pause. A son âge, on a besoin de plus de compétition, et on récupère moins bien qu’à 22 ans.»

«On peut continuerà émettre des hypothèses»

Le Fribourgeois, à qui la rumeur faisait miroiter depuis quelques mois une éventuelle apparition de la vedette américaine sur les routes du Tour de Romandie (du 28 avril au 3 mai), refuse de s’agiter sur la question: «Premièrement, nous n’avons jamais eu de confirmation en ce sens, ni de sa part, ni de celle de son manager», explique le patron de l’épreuve. «De toute façon, nous n’aurions jamais été sûrs de sa présence avant le prologue du mardi matin. Disons qu’on peut continuer à émettre des hypothèses. Peut-être se servira-t-il du Romandie pour retrouver le rythme…»

Tel est sans doute, aujourd’hui, le cadet des soucis de Lance Armstrong, l’homme qui avait remporté sept Tours de France sans jamais se fouler le moindre orteil.