«Ellen la Magnifique», «First Lady of the waves» (Première Dame des mers), ou encore «Yacht a girl!» (jeu de mots avec «What a girl», quelle fille!): la presse britannique rivalisait de superlatifs pour célébrer l'exploit de sa compatriote. Non sans remarquer que la deuxième avait, cette fois, battu le premier en popularité.

L'histoire simple et fraîche de ce petit bout de femme née au beau milieu du pays a séduit l'Angleterre: «Comment diable une fille du Derbyshire, élevée à des milles de la mer, a-t-elle pu décider de devenir un jour l'un des plus grands régatiers du monde et une inspiration pour toutes les jeunes femmes – et les hommes?» s'étonne, admirative, la chroniqueuse du quotidien populaire Daily Mail.

Même le Financial Times s'est pris au jeu: une grande photo légendée de l'héroïne, encadrée par ses parents, barre la une de son édition nationale. Et le grand quotidien financier ne s'y est pas trompé en citant la jeune femme qui atteste, avant de fondre en larmes, que le moment le plus dur aura été de quitter son cher bateau.

Le premier ministre Tony Blair, un des premiers à parler à Ellen au téléphone, et le ministre des Sports Kaye Hoey ont bien entendu félicité cette nouvelle vedette du sport anglais dont le grand public ignorait pratiquement l'existence il y a encore une dizaine de jours. Ce n'est que lorsqu'elle a brièvement dépassé Michel Desjoyeaux, sur l'équateur, que les grands journaux ont rempli leurs pages des photos d'Ellen et d'extraits de son carnet de bord.

Autre fierté: son impact «extraordinaire» sur le public français. La BBC pense qu'il est dû à son effort pour apprendre la langue de Molière, et à un charme «très british». Un charme fait d'understatement et de volonté: selon son père, Ken, «Ellen voulait prouver que la voile n'était pas élitiste, et c'est ce qu'elle a fait». La suite sera-t-elle aussi limpide? Les paparazzi anglais sont plus vaches que les mers du Sud.