Parler de déception serait un euphémisme. «La quatrième place, cela ne sert à rien», confirme Lara Gut. «Ce résultat me permet de me rendre compte que je dois me réveiller. Les choses sont simples, si je veux une médaille, je dois skier plus vite.»

La Tessinoise plaide la retenue pour expliquer les centièmes la séparant des trois meilleures sur ce super-G mondial. «La piste était plus facile que je ne le pensais. C’était glacé, c’est sûr, mais ça accrochait quand même et on pouvait faire des virages comme on voulait. Je pensais vraiment devoir combattre pour parvenir à être à fond et en fait, non. Mais quand je me suis rendu compte que ça ne tapait pas et que c’était vraiment sympa à skier, j’étais déjà en retard.»

Dominique Gisin: «C’est la honte, c’est horrible»

La rage est encore plus manifeste chez Dominique Gisin, éliminée après avoir raté l’avant-dernière porte. «C’est la honte. C’est horrible. Je ne sais pas quoi dire. Je suis fâchée contre moi-même», évacue-t-elle. «La seule chose qui me console, c’est de me dire que je n’aurais de toute façon pas décroché de médaille. Et si j’avais terminé quatrième, cela ne m’aurait pas plu non plus. Mais cela n’excuse rien.»

Voyant les skieuses la précédant rencontrer des difficultés sur le bas de la piste, l’Obwaldienne avoue s’être mise trop en arrière et avoir ensuite été piégée par un malicieux jeu d’ombre et de lumière. «Ce qui est positif, c’est que je me sentais bien, j’étais à l’aise. Et maintenant, je suis encore plus motivée pour la descente. Je vais tout essayer.» Eliminée également aux Mondiaux de Val d’Isère 2009 – sortie de piste – et aux Jeux olympiques de Vancouver où elle avait chuté, Gisin refuse d’y voir une fatalité. «On pourrait penser qu’on bute sur les grands événements, mais je veux croire en mes chances. J’ai encore deux courses pour le prouver.»

«Nous ne sommes pas loin»

Comme le rappelle Fabienne Suter, frustrée elle aussi avec sa 8e place, la Suisse nourrissait de légitimes espoirs sur ce super-G féminin, avec trois podiums décrochés par Gut et Gisin au mois de janvier: «C’est clairement une déception pour toute l’équipe, même si nous ne sommes pas loin.» «Nous avons manqué de chance aujourd’hui, mais le résultat d’équipe n’est pas mauvais», enchaîne Nadja Kamer, 13e. «J’espère que nous pourrons prouver samedi que l’on peut compter sur nous. Je n’ai jamais rien montré en super-G et n’attendais pas beaucoup de cette course. Cela m’a permis de me faire la main. Je devrais être mieux en descente. Pour l’instant, j’ai du mal à savoir où je me situe. J’y verrai plus clair après le premier entraînement.»