Lara Gut-Behrami n’en finit plus de briller sur la neige de Cortina d’Ampezzo. Lors du géant des Championnats du monde, ce jeudi, la Tessinoise de 29 ans s’est emparée d’une seconde médaille d’or après celle obtenue il y a exactement une semaine en super-G. Entre-temps, elle avait aussi décroché le bronze lors de la descente. A l’heure pour elle de quitter les Dolomites, elle a contribué personnellement à un tiers du beau butin de la délégation suisse (neuf médailles).

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Pour succéder à Sonja Nef, dernière Suissesse sacrée en géant en 2001, Lara Gut-Behrami a livré une solide première manche qui l’a laissée en troisième position, mais avec seulement 0’’02 et 0’’08 de retard, sur Nina O’Brien et Mikaela Shiffrin. Son deuxième passage lui a permis de virer en tête, tandis que les deux Américaines échouaient à la déloger. La première a commis une faute qui l’a reléguée au dixième rang et la seconde, au contact, a fini par concéder 0’’02 à sa rivale.

Les autres skieuses suisses ont été moins heureuses. Cinquième de la première manche, Michelle Gisin a reculé au onzième rang. Wendy Holdener a terminé huitième et Corinne Suter, double médaillée en vitesse et dont le géant n’est pas la spécialité, dix-huitième.

Un rapport au monde reconsidéré

Lara Gut-Behrami, elle, restera comme l’une des athlètes les plus en vue de ces Championnats du monde. Elle refusera toujours de voir les choses ainsi, mais cela constitue une forme de revanche pour une jeune femme propulsée très jeune sur le devant de la scène qui n’avait jusqu’à cette année pas réussi à surpasser les deux médailles d’argent conquises en 2009 à Val d’Isère, lorsqu’elle avait 17 ans.

Sa carrière a été marquée par de nombreux succès (30 victoires en Coupe du monde et le grand globe de cristal en 2016 notamment), mais aussi par des échecs et des blessures. La plus sérieuse, en 2017, l’a conduite à reconsidérer son rapport au monde, aux médias et surtout au ski. Depuis, elle refuse catégoriquement d’évoquer des objectifs en termes de résultats, se cantonnant à répéter qu’elle est juste attachée à faire les choses comme elle sait les faire sur la piste.

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Jeudi dernier, victorieuse de son premier titre de championne du monde, elle avait désarçonné une partie des amateurs de sport en laissant entendre qu’il y avait plus important dans la vie que de gagner des courses. En s’en offrant une seconde, elle apporte une nouvelle démonstration du fait qu’elle n’est pas désintéressée par la compétition mais qu’elle l’aborde simplement d’une manière différente. Difficile à comprendre pour le monde extérieur, peut-être. Mais diablement efficace pour elle.