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Markus Kattner, l'ex-directeur financier de la FIFA, avait été licencié fin mai. Jeudi, des perquisitions de la police suisse ont confirmé les soupçons de la fédération. Un système de bonus secrets a été découvert.
© WALTER BIERI

Football

L’argentier de la FIFA est au coeur d’un énième scandale

Markus Kattner était le directeur financier de la fédération depuis 2003. Une perquisition dans son bureau a mis au jour des contrats secrets d’une valeur de 80 millions de francs en sa faveur et en celle de ses anciens acolytes, Sepp Blatter et Jérôme Valcke

Markus Kattner était déjà hors jeu. La justice le remet au centre du terrain. Jusqu’à fin mai, ce binational germano-suisse de 45 ans assurait la fonction de secrétaire général de la fédération, depuis le départ forcé du Français Jérôme Valcke, en septembre 2015. Mais il a été licencié par son employeur pour «manquements dans ses responsabilités financières».

Dix jours plus tard, probablement pour les mêmes soupçons, une perquisition menée jeudi par le Ministère public de la Confédération (MPC) dans les bureaux de Markus Kattner a confirmé les accusations des enquêteurs internes de la FIFA.

Un proche de Philippe Blatter, neveu de Sepp

Et celles-ci ne sont pas moindres. Car le Munichois d’origine, qui a travaillé au sein du bureau de conseil Mc Kinsey avec Philippe Blatter, le neveu de Sepp, gérait le budget de la FIFA depuis treize ans. Il en était le directeur financier depuis 2003.

Selon la FIFA, Markus Kattner, l’ancien président Sepp Blatter et Jérôme Valcke ont établi des contrats secrets leur permettant de se partager 80 millions de dollars au cours des cinq dernières années. La fédération indique avoir livré ces informations aux justices suisses et américaines, qui mènent simultanément des enquêtes dont les imbrications n’épargnent aucun continent.

Des parachutes dorés

La FIFA donne même des détails sur la manière dont le trio a procédé. Le 30 avril 2011, Valcke et Kattner reçoivent des prolongations de contrats de huit ans et demi, jusqu’en 2019. Ces contrats comprennent des primes de départ qui leur garantissent un paiement intégral – 17,8 millions pour l’un et 9,9 millions pour l’autre – dans le cas où leur contrat de travail prenait fin, si Sepp Blatter n’était pas réélu. Le même type de contrat a été signé en faveur de Kattner le 31 mai 2015. C’était un dimanche. Et c’était deux jours avant que Sepp Blatter, fraîchement réélu, annonce sa démission.

Entre-temps, le trio s’est aussi octroyé des bonus pré ou post-compétitions. Plus de 23 millions de dollars de primes spéciales pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Environ 14 millions pour la suivante, en 2014 au Brésil. Ainsi qu’une prime par anticipation de 15 millions, avant l’édition 2018, en Russie, détaille Le Monde, après la consultation des documents de Quinn Emmanuel, un cabinet d’avocats qui défend les intérêts de la FIFA. Et qui vient d’ouvrir une succursale à Zurich…

Un peu plus d’une année après les spectaculaires arrestations à l’hôtel Baur au Lac à Zurich, l’opération nettoyage se poursuit. Ce dernier épisode est-il orchestré par le nouveau patron du football mondial, Gianni Infantino, élu à la présidence en février? Difficile à affirmer, tant les interactions et les jeux d’influences empêchent une lecture complète du dossier.

Lire aussi: Gianni Infantino, un «plan B» devenu président de la FIFA

Le président Infantino face à des taupes

Quoi qu’il en soit, en coulisses, l’on annonce la fin de l’état de grâce pour l’Italo-suisse. Die Welt indiquait en effet vendredi matin que l’ancien bras droit de Michel Platini à l’UEFA fait l’objet d’une enquête interne et qu’il risque 90 jours de suspension. La FIFA n’a pas confirmé ni infirmé, mais selon le journal allemand, les soupçons portent notamment sur une correspondance avec le chef du service juridique de la FIFA à qui il aurait demandé que les enregistrements d’une réunion du Comité exécutif soient détruits.

Des fuites qui requièrent forcément des taupes. «Il y a beaucoup de gens dans la nature qui ne vont pas rater Infantino», a prévenu, sous couvert d’anonymat, un ancien responsable de la FIFA cité par l’AFP.

L’un d’entre eux, c’est Domenico Scala. Mi-mai, le désormais ex-président de la commission d’audit et de conformité de la FIFA, présenté comme la cheville ouvrière des réformes à la FIFA, avait claqué la porte avec fracas. Motif: Infantino a fait adopter un amendement qui transfère au gouvernement de la FIFA le pouvoir de nommer ou de démettre les présidents de ses commissions d’éthique ou d’audit.

Mais un deuxième haut responsable déchu pourrait vouloir faire tomber le nouveau président de la FIFA. Il s’appelle Markus Kattner, que, désormais, l’on ne présente plus.

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