Une médaille et des sifflets

Cela restera (malheureusement) comme l’une des images des Jeux olympiques de Rio. Le Français Renaud Lavillenie, médaillé d’argent du saut à la perche la veille, en larmes sur le podium du stade d’athlétisme. Pas l’émotion de se parer de métal, ni même la déception qu’il ne soit pas de la bonne couleur. Les huées du public. Ce public qui, déjà pendant le concours, l’avait contraint à exécuter ses sauts en plein concert de sifflets.

«Les larmes, elles sont venues de l’accueil» sur le podium, a expliqué peu après le perchiste sur le plateau de France Télévisions. «Sur la compétition, c’était très malheureux mais c’est comme ça. Là, je me suis senti humilié sur le podium. J’ai essayé de me retenir pendant la cérémonie, c’était tellement dur, a-t-il ajouté. Honnêtement, je ne le souhaite à personne, c’est ignoble.»

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Rembobinons: 24 heures plus tôt, Renaud Lavillenie était aux prises avec le Brésilien Thiago Braz au bout du concours de saut à la perche. Ultrafavori, le Français menait jusqu’à ce que son rival explose son record personnel pour franchir une barre 6,03 m. Dès lors, sentant l’exploit possible, le public brésilien a tenté de jouer au mieux son rôle, celui de douzième homme dirait-on au football – de deuxième en l’occurrence. Et il a hué l’athlète français, qui échouait à effacer une barre à 6,08 m et terminait deuxième.

Amer, il déplorait à son tour l’attitude des spectateurs. «Autant qu’ils restent chez eux, devant leur télé, et qu’ils laissent venir au stade des gens qui ont envie de voir du sport», déclarait-il à chaud. Puis: «Je pense que la dernière fois qu’on a vu ça, c’est quand Jesse Owens a couru en 1936 (aux JO de Berlin, ndlr).» Cette dernière remarque passe très mal. Plus tard, Lavillenie présentera ses excuses pour l’avoir faite.

Trop tard: la polémique a enflé et, de retour au stade pour y percevoir sa médaille, elle lui a été reprochée par la foule. Thiago Braz a bien tenté de demander des applaudissements au public pour son dauphin, mais rien n’y a fait. «Comportement choquant du public qui a hué Renaud Lavillenie sur le podium. Inacceptable aux Jeux olympiques», réagissait le président Thomas Bach par l’intermédiaire du compte Twitter du CIO. Renaud Lavillenie, lui, «ne sait pas» où il sera dans quatre ans, mais il «ne peut pas rester là-dessus».


La fin du rêve des Brésiliennes

Comme la Seleçao à la Coupe du monde 2014, puis aux Jeux olympiques 2016 (elle dispute sa demi-finale contre le Honduras ce mercredi), l’équipe féminine de football du Brésil rêvait cet été d’un sacre à domicile. Elle a dû déchanter mardi à Rio de Janeiro en s’inclinant aux tirs au but contre la Suède (0-0 score final), en demi-finale du tournoi. Les Sud-Américaines avaient pourtant les faveurs de la cote, éblouissantes jusqu’alors et facilement victorieuses de leurs adversaires du jour au premier tour (5-1). Les performances de la star Marta et de ses coéquipières avaient même mis, au début de la compétition, du baume au cœur d’un peuple mordu de football mais déçu des prestations de son équipe masculine et tout particulièrement de celles de Neymar.

Mais voilà: l’équipe suédoise a décidé cette année d’endosser le costume de trouble-fête. Contre le Brésil, les Scandinaves n’ont pas essayé grand-chose, sinon de défendre méticuleusement leur cage. En quarts de finale, elles avaient suivi un programme similaire pour battre les favorites américaines, déjà lors des tirs au but. Cela leur avait valu de se faire traiter de «bande de lâches» par la gardienne des Etats-Unis, Hope Solo. «Etre lâche et gagner, ça me va», avait répliqué la coach suédoise Pia Sundhage. L’ancienne footballeuse sait comment s’y prendre pour gagner un titre olympique: elle était à la tête des Etats-Unis lors de leurs sacres à Pékin (2008) et Londres (2012). Elle a d’ores et déjà assuré à la Suède, qui affrontera l’Allemagne en finale, sa première médaille dans la discipline.


Le sourire des athlètes suisses

Après les désillusions de Léa Sprunger et Kariem Hussein la veille, l’athlétisme suisse a repris des couleurs dans la nuit de mardi à mercredi. La perchiste Nicole Büchler a ainsi atteint la finale du concours, où tous les espoirs seront permis. L’incertitude régnait autour de la forme de la Seelandaise, blessée depuis plusieurs semaines à une cuisse.

Clélia Rard-Reuse s’est de son côté hissée en demi-finale du 100 m haie, avec la quatrième place de sa série et un 19e chrono en tout. Par contre, Mujinga Kambundji n’a pas pu décrocher une place en finale sur 200 m.

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