Des hockeyeurs, des sauteurs à skis, et des pirouettes de patineuses passées à la moulinette vidéo de Nam June Paik, l'un des artistes contemporains les plus célèbres du monde, c'est l'image que l'on pouvait voir mercredi soir sur l'un des écrans de télévision installés dans le hall de la Salle des Assemblées de l'ONU à Genève. A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, l'association Art of The World présentait une exposition itinérante sur l'art et le sport patronnée par l'organisation internationale: The Overexcited Body (le corps surexcité). Première étape à Milan, avec le soutien de la Gazetta dello Sport, qui lui consacre un supplément titré: «Il corpo e l'anima dello sport.» Le corps et l'âme du sport, c'est ce qu'exploreront près de 40 artistes, non dans le style souvent pompier des célébrations olympiques, mais avec la fantaisie caustique des artistes d'aujourd'hui.

Dans l'Antiquité grecque, le sport et l'art n'étaient pas des activités distinctes. Ils se confondaient parce que l'excellence, qui était le but des compétitions, consistait à réaliser l'harmonie du corps et de l'esprit. L'époque moderne a spécialisé l'humanité et modifié l'image de l'excellence. Si on chante souvent les liens entre ces deux langages universels, les mondes de l'art et du sport s'interpénètrent rarement. Pourtant, les retransmissions télévisées des compétitions sportives mettent en œuvre des moyens et produisent des images qui se rapprochent de ceux que créent les artistes: gros plans, ralentis, superpositions, montage en direct par l'insertion de séquences différentes sur un même écran. C'est pourquoi l'exposition itinérante organisée par Art of The World promet d'être passionnante. Ouverte à Milan à partir du 30 mars prochain, elle ira ensuite au Brésil, reviendra à Genève (de février à avril 2002) et finira son voyage à New York pas loin des courts de Flushing Meadow.