Football

L’Atlético Madrid et Griezmann brisent le rêve de Marseille en Europa League

Grâce à un doublé d’Antoine Griezmann, l’Atlético Madrid a remporté mercredi sa troisième Europa League

Et de trois! Après 2010 et 2012, l’Atlético Madrid a remporté mercredi 16 mai une troisième Europa League en venant à bout sans trembler de Marseille (3-0), grâce notamment à un doublé d’Antoine Griezmann.

L’attaquant français n’a pas ménagé ses compatriotes et a vaincu la malédiction, après deux finales perdues en 2016, la Ligue des champions et l’Euro. Il a littéralement porté les Colchoneros, ses deux buts (21e, 49e) en finale s’ajoutent à ceux qu’il a marqués à chaque tour de C3 depuis les 16e de finale. Avec un dernier but du capitaine Gabi (89), l'«Atléti» ravale un peu sa peine des deux C1 perdues contre le Real Madrid en 2014 et 2016, mais l’OM l’a bien aidé en se sabordant pour perdre sa quatrième finale continentale sur cinq.

Comme en 1999 contre Parme et 2004 contre Valence, les Marseillais ont quant à eux commis un petit suicide sportif. Frank Anguissa a rejoint sur les étagères de la boutique des horreurs de l’OM Laurent Blanc et Fabien Barthez: son contrôle complètement manqué sur une abominable relance axiale de Steve Mandanda a profité à Antoine Griezmann, qui a saisi l’occasion d’ouvrir le score et d’exécuter sa danse de zébulon. Cruel pour le Camerounais, un des meilleurs sur la pelouse avant cet instant qui l’a laissé hébété un moment.

L’OM a pourtant eu la première occasion, mais Valère Germain a gâché un bon ballon de Dimitri Payet en tirant au-dessus (4). Ce sera le seul beau geste du capitaine marseillais, qui a dû abandonner la partie, en larmes, blessé à une cuisse dès la 35e minute.

Le drame de Payet

Les hommes de Rudi Garcia se retrouvaient menés et privés de leur étoile… Dès le début de la seconde période, sous la pluie, l’OM a craqué, Mandanda s’inclinant une deuxième fois face à son coéquipier en bleu, servi dans la profondeur par Koke (49).

Dans un stade plus blanc que rouge, où les supporters de l’OM se sont fait remettre à l’ordre pour avoir craqué beaucoup de fumigènes, le combat n’a jamais vraiment eu lieu. Comble d’amertume, Kostas Mitroglou, entré à la place de Germain, a vu sa tête frapper le poteau puis lécher la ligne de but (81).

Les supporteurs marseillais n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, après les échecs de 1991 en Ligue des champions, puis de 1999 et 2004. Ils se raccrochent donc toujours au seul triomphe de 1993, mais Basile Boli est toujours le seul buteur marseillais en finale européenne.

Marseille risque de finir tout nu

L’épopée qui a fait vibrer tout Marseille, surtout depuis le quart de finale retour contre Leipzig (5-2, 0-1 à l’aller) s’est fracassée sur la maturité des hommes de Diego Simeone, suspendu, qui a assisté au triomphe en tribune.

Ce succès revigore le projet de son Atlético, qui laisse le mistigri des finales perdues à l’OM. Les Matelassiers décrochent une troisième C3, après 2010 et 2012, et écrivent enfin une ligne à leur palmarès. Depuis le triomphe en Liga en 2014, le modèle du «Cholo» Simeone ne gagnait plus que des places d’honneur.

Le charismatique entraîneur argentin a coupé la priorité à Rudi Garcia, en quête d’un trophée lui depuis le doublé Coupe-Championnat en France avec Lille en 2011. Il ne deviendra pas cette année le second technicien français vainqueur d’une C3, après Gérard Houllier en 2001 avec Liverpool.

Maintenant l’OM doit ravaler ses larmes pour ne pas finir la saison tout nu: il reste une dernière chance d’aller chercher la Ligue des champions, mais il faut battre Amiens samedi pour la dernière journée du Championnat de France, malgré l’acide lactique de la défaite, et compter sur Nice pour prendre au moins un point à Lyon. Ce sera le 61e match de la saison la plus longue. Celle d’Antoine Griezmann se prolongera avec la Coupe du monde en Russie, où il guidera l’équipe de France. Au moins «Grizzy» a-t-il appris à gagner une finale…

Publicité