«Je n'avais rien à perdre. Ma lutte pour le podium passait par une attaque. C'est ce que j'ai fait. Malheureusement, ça n'a pas passé.» Dans l'ère d'arrivée de Piau-Engaly, Laurent Dufaux semblait fier d'une étape qu'il a terminée au huitième rang, à 2'45'' du vainqueur Fernando Escartin. Mais au fond de lui-même, le Vaudois avait espéré mieux lorsqu'il s'est échappé en compagnie de l'Espagnol dans le col de Peyresourde, le troisième des cinq cols de première catégorie proposés mardi.

Après quelques kilomètres de fuite cependant, Laurent Dufaux n'a pas tenu le rythme de Fernando Escartin. «Il était très fort et lorsqu'il a remarqué que je ne pouvais pas accélérer encore, il s'est détaché.» Pour s'adjuger l'étape en solitaire dans un style peu élégant, mais diablement efficace. Le Vaudois a continué à son pied. Jusqu'à cinq kilomètres de l'arrivée, il est resté intercalé entre le futur vainqueur et le groupe de Lance Armstrong et Alex Zülle. Les derniers lacets de la journée lui ont cependant été fatals. A bout de force, il n'a pas pu répondre aux accélérations de ses adversaires. Concernant le classement général, son analyse est mitigée. Bonnet en laine vissé sur la tête, Laurent Dufaux laisse s'envoler une grande part de ses rêves de podium, même s'il reste quatrième. Le panache de Fernando Escartin, associé à la course parfaite de son équipe Kelme-Costa-Blanca, a permis à l'Espagnol de remonter au second rang. Alex Zülle, pour sa part, conserve son troisième rang. «Je crois que le podium est dessiné, même si Alex peut, lors du contre-la-montre, espérer passer devant Fernando Escartin. Quant à moi, je visais au mieux une place parmi les cinq premiers. Je devrais y parvenir», continue le Vaudois. Il se console en apprenant qu'Abraham Olano, 18e à plus de sept minutes, est désormais écarté de la course au podium.

Ne pense-t-il pas que la seconde étape des Pyrénées, avec notamment les cols du Tourmalet et de l'Aubisque, pourrait modifier la hiérarchie une dernière fois? «Ce sera difficile, car tout le monde est fatigué et que la dernière difficulté se situe à 60 kilomètres de l'arrivée.» En clair, les premiers du général vont plutôt s'ingénier à conserver l'acquis plutôt que prendre des risques inconsidérés.