Le Temps: Qu'avez-vous ressenti, samedi soir après 39 secondes de jeu, lorsque vous avez ouvert le score face à votre ancienne équipe, Genève-Servette?

Laurent Meunier: Que du plaisir. Ça m'a fait beaucoup de bien de marquer parce que quelques secondes plus tôt, j'avais raté une cage vide.

- Le fait que cela soit face à vos ex-coéquipiers, finalement battus 2 à 0?

- Rien de spécial. Avec Thomas (ndlr: Deruns) et Paul (Savary), on s'est pas mal brassés pendant la semaine qui a précédé le match, par messages interposés. Rien de bien méchant, on s'est juste chambrés. Après, avec la victoire, ça a été plus tranquille pour moi. Ils trouvent facilement des excuses...

- En fin de saison dernière, Genève-Servette s'est-il débarrassé de vous ou avez-vous pris les devants?

- C'est plus compliqué que ça, tout n'est pas noir ou blanc. Je serais bien resté mais il y a eu cette offre de Biélorussie, intéressante pour moi au niveau de l'expérience.

- Et au niveau financier?

- Aussi, un peu.

- Une expérience qui a tourné court...

- J'ai connu des moments difficiles. Je suis arrivé là-bas déjà diminué, et puis ma blessure au coude s'est aggravée. Alors que je m'apprêtais à revenir, le nouvel entraîneur a dit qu'il ne voulait plus de moi. J'avais été choisi par son prédécesseur, il a profité de ma blessure pour m'évincer. Ce sont les choses de la vie, c'est frustrant mais c'est le business. J'ai au moins eu le temps de profiter de Minsk qui, malgré le climat, est une ville très agréable.

- Débarquer à Fribourg en tant qu'ancien Genevois, ça vous a fait quoi?

- Ça m'a fait bizarre, parce que j'ai connu deux très belles années à Genève et que la rivalité est grande entre les deux publics, qui sont très chauvins. J'ai eu des contacts indirects en Finlande et en Suède mais, à Fribourg, il y a un gros défi à relever avec un groupe jeune. Et puis j'avais besoin de rejouer au plus vite, c'était très important pour moi.

- Gottéron a un projet à long terme. Vous y inscrivez-vous dans la durée? - Mon contrat court jusqu'à la fin de la saison et, pour l'instant, je ne vois pas plus loin que le court terme. Je viens de faire deux matches après cinq mois où je n'ai pas pu jouer au hockey. Mon but est d'être à nouveau au top physiquement et après, on verra comment se passe la saison.