Football

Lausanne avance à petits pas

Dans la lutte contre la relégation, le LS et GC se neutralisent (0-0). C’est toujours un point de pris sur Vaduz, battu à Berne par Young Boys

Vaduz, Lausanne, Grasshopper. L’un des trois descendra en Challenge League en fin de saison. Qui, de la pièce rapportée, du petit promu ou de la vieille gloire décatie, sera reléguée? Le bas de tableau propose plus de suspens que le haut (où Bâle compte 17 points d’avance sur Young Boys) et, trois journées de suite, des «matchs à six points». Vaduz est allé gagner à Zurich, Lausanne en a fait de même à Vaduz (0-1) et reçoit désormais Grasshopper.

Imposer son rythme

Il y a quinze jours au Liechtenstein, on ne voyait pas très bien comment le LS pouvait gagner. Même à onze contre dix durant plus d’une mi-temps, il fallut encore une grosse erreur du gardien de Vaduz pour marquer. Le plus dur semblait fait: mettre fin à une série de quatorze matchs sans victoire qui, d’octobre à mars, avait fait passer le LS de la deuxième à la dernière place.

A la Pontaise, même si le gardien Thomas Castella ne s’amuse plus à relancer court dans les pieds, la consigne reste la même qu’à l’automne: jouer. Poser le pied sur le ballon et sa patte sur ce match. GC est désormais dirigé sur le banc par l’Argentin Carlos Bernegger et sur le terrain par un trio scandinave; l’ensemble est bien organisé et calculateur.

GC sort de sa boîte

Lausanne déploie le sapin de Noël cher à Carlo Ancelotti: quatre défenseurs, trois milieux, deux attaquants de soutien et une pointe. Dans les faits, la grande prudence de Grasshopper permet au milieu Jordan Lotomba d’évoluer quasiment en ailier droit. Lotomba, 18 ans, jeune talent du club, a beaucoup progressé depuis le début de la saison mais il lui manque d’être efficace devant le but, soit pour soigner ses centres (5e, 7e), soit pour «sentir les coups» au second poteau (18e), soit pour tirer au but (45e).

On ne voit d’abord pas comment Lausanne pourrait perdre. Et puis une demi-heure passe et GC, à qui l’on ne prêtait guère d’arguments, commence à montrer son vrai visage. Lucas Andersen, dont le style et la foulée évoquent Johann Lonfat, trouve des brèches et obtient des coups francs, pas forcément bien placés mais qui peuvent trouver un pied ou une tête. Sur l’un d’eux, la défense lausannoise monte pour jouer le hors-jeu mais croise Emil Bergström, qui marque de la tête (37e). L’arbitre Fedayi San n’a pas la vidéo et annule à tort le but de GC. Il a en revanche raison trois minutes plus tard de sanctionner d’un carton jaune Nassim Ben Khalifa qui, se jetant sur un centre, avait marqué du bras (40e).

La gestion des émotions

A la pause, le même schéma se met en place. Grasshopper ferme la boutique et Lausanne s’étiole. Les passes arrivent moins, les attaquants sont souvent signalés hors-jeu. Fabio Celestini revoir sa copie, renvoie Maccoppi et incorpore Custodio comme on met une pelletée de charbon dans la locomotive. Rien ne se passe, alors qu’en face, un raid de Caio est gâché par l’excès d’altruisme d’Andersen (73e). Entrent ensuite Gabriel Torres, l’électron libre, puis Xavier Margairaz, le routinier. Le Vaudois sait gérer la pression, le Panaméen n’en a cure. Mais toujours rien.

Grasshopper ne fait ses derniers changements que pour casser du rythme et gagner du temps. Dans les arrêts de jeu, Ridge Munsy manque d’un cheveu de donner la victoire à GC. Mais c’est désormais Vaduz qui perd sur le fil: deux buts dans les arrêts de jeu à Berne, et désormais deux points de retard (22) sur Lausanne et Grasshopper (24 points). «Nous aurions pu mener au score durant notre très bonne première demi-heure. Ensuite, la gestion des émotions l’a emporté sur la prise de risque», résume Fabio Celestini, satisfait que «l’équipe n’a pas pris de but depuis trois matchs». Il a appris à s’en contenter.

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