La prudence est la mère de toutes les vertus… vaudoises. De fait, leur promotion en ligue nationale A n'étant pas encore acquise, les dirigeants du Lausanne Hockey-Club ne tiennent pas à tirer des plans sur la comète. Quand on leur demande s'ils sont prêts à gagner l'échelon supérieur, Maurice Meylan et Pierre Hegg, respectivement président et administrateur de la S.A. LHC, répondent en cœur: «Disposés, mais pas encore prêts.» «Nous voulons faire les choses intelligemment», assure le premier. «Si nous rejoignons l'élite, ce n'est pas pour la quitter lors de l'exercice suivant. Il nous faut donc établir des priorités», poursuit le second.

Quelles sont-elles? Dans le désordre: fidéliser le public déjà nombreux de Malley. Convaincre quelques gros sponsors. Acquérir des joueurs d'un bon niveau prêts à signer pour plusieurs années. Continuer à respecter un plan financier rigoureux. Un programme qu'il convient de détailler. Le public, tout d'abord. «Il est admirable. Il nous pousse en avant. Nous nous devons de lui proposer un spectacle qui l'incite à venir à Malley, affirme Maurice Meylan. S'il continue à le faire, les sponsors suivront. Mais même si nous avons établi un certain nombre de contacts avec des partenaires, il n'y a guère, dans notre région, de firmes d'importance susceptibles de nous aider. Certaines consentent des efforts (n.d.l.r.: des prestations directes ou indirectes, telle la fourniture d'emplois à temps partiel pour les joueurs). D'autres en revanche ne nous font que des promesses auxquelles je ne crois guère.» «Tout n'est pas négatif, tempère Pierre Hegg. Nous pouvons compter sur des clubs de soutien efficaces, bien gérés et qui vont sans doute nous amener d'autres ressources financières.»

Côté gros sous justement, le budget prévisionnel du LHC, version LNA 2001-2002, ne dépasse pas de beaucoup les 5 millions de francs (contre 2,5 en LNB lors du présent exercice). Un chiffre qui représente moins du tiers de celui annoncé cette saison par Zurich et Lugano. Les dirigeants lausannois entendent demeurer fidèles à la politique d'économies instaurée ces dernières années. «D'autant plus que nous nous rapprochons de l'équilibre financier», ajoute Maurice Meylan. Le président se dit fier de ne pas être trop large en matière salariale. «Nous ne verserons jamais de sommes mirobolantes aux joueurs. S'ils viennent chez nous, c'est parce qu'ils savent pouvoir être payés régulièrement. Ce qui n'est pas le cas dans tous les clubs. Ils ont aussi la certitude que nous les aiderons à se recycler une fois leur carrière terminée.»

Encore faut-il pouvoir les faire venir. Au chapitre des transferts en effet, la situation du LHC est encore loin d'être claire. Neuf joueurs seulement, dont Dimitri Shamolin et Laurent Schwery (qui vient de resigner pour deux ans), sont au bénéfice d'un contrat pour la saison prochaine. Jusqu'ici, le club n'a annoncé que deux arrivées: celle de l'actuel avant fribourgeois Gerd Zenhaüsern. Celle, provisoire jusqu'ici, de l'ex-gardien fribourgeois Thomas Östlund. Il espère également pouvoir débaucher un autre attaquant des «Dragons»: Pascal Schaller. C'est bien peu. Car le Lausanne Hockey-Club ne sera assuré que le 5 avril, au mieux, de sa promotion en LNA. Les autres clubs de l'élite auront alors largement bouclé leur marché. Que restera-t-il? «Nous avons des contacts et je peux vous assurer que nous ne serons pas les moins bien servis, prétend Pierre Hegg. Des joueurs de LNA sont prêts à nous rejoindre.» L'administrateur du LHC met tout de même un bémol: «Dans le domaine de la prospection, notre travail est évidemment moins facile que si nous disputions la finale pour le titre national de LNA.»

Si tout n'est pas clair concernant les joueurs, les choses sont en revanche limpides s'agissant de l'entraîneur, puisque Mike McParland – qui remplacera Riccardo Fuhrer – a signé pour trois ans. «Nous avons confiance en lui. Il connaît aussi bien la LNA que la LNB. Il est l'homme qui nous aidera à bâtir sur la durée», promet Pierre Hegg qui estime qu'«il faudra tenir trois ans en LNA avant d'être réellement dans le coup».

Le LHC n'a plus désormais qu'à franchir une ultime étape: se débarrasser de La Chaux-de-Fonds pour gagner l'élite. Pas question pour lui de miser sur une hypothétique promotion économique. «La Chaux-de-Fonds possède de bons joueurs, imposants physiquement, ainsi qu'un excellent gardien, conclut Pierre Hegg. C'est une équipe qui joue vite, mais manque de précision. Une formation que l'on peut contrer. En tout cas, on ne la craint pas.» Maurice Meylan, lui, est un peu plus circonspect: «C'est du 50-50», dit-il. Fidèle à cette prudence bien vaudoise derrière laquelle il se retranche volontiers.